VIDÉO - Corse : ces deux espèces invasives qui prolifèrent

par V. F I Reportage TF1 : Emmanuelle Rouillon et Angèle Ricciardi
Publié le 9 octobre 2023 à 12h01

Source : JT 20h WE

C'est une des conséquences du changement climatique : il favorise les espèces dites invasives.
En Corse, cela fait des années que certaines prolifèrent, car elles n'ont aucun prédateur.
Cela déstabilise tout l'écosystème, alors les insulaires cherchent des solutions pour s'en débarrasser, comme vous le montre ce reportage du 20H de TF1.

Avec la hausse des températures, les pêcheurs de l'étang de Biguglia, l'une des sept réserves naturelles de Corse, font face à une espèce invasive qui détruit tout ou presque sur son passage. Avec ses grosses pinces bleues, ce crabe venu d'Amérique du Nord coupe leurs filets et mange les poissons. À chaque prise, Michel Guerrini n'en revient pas. "Que du crabe bleu. C'est la première saison que je vois ça", lance-t-il dans la vidéo du 20H de TF1 en tête de cet article. Au milieu des pinces, seuls des morceaux de poissons apparaissent. "C'est désolant. C'est pareil pour les anguilles et les crevettes, ils se retrouvent dans cet état. Du coup, pour la vente, ce n'est plus possible", explique ce pêcheur. 

Crabes bleus et Tapinoma Magnum envahissent l'île

Le problème, c'est que ce crabe n'a aucun prédateur connu à ce jour. "Je ne sais pas comment on va faire pour s'en débarrasser et continuer à travailler. Je ne sais pas si la pêche va continuer à être rentable sur l'étang", s'inquiète Michel Guerrini. Face à ce constat, l'Office de l'environnement de la Corse s'est emparé du problème. Au total, 22.000 euros ont été investis dans des filets plus résistants. 

Par ailleurs, des puces électroniques, installées sur plusieurs crabes, permettent de surveiller les populations et de mieux lutter contre leur invasion. "C'est important pour mieux comprendre leur déplacement dans la lagune, pour mieux réguler potentiellement leur population en les pêchant de manière plus optimale. C'est une espèce qui s'est manifestement très bien adaptée, qui serait potentiellement aussi favorisée par le changement climatique et donc qui pose souci, une fois qu'elle est implantée, sur l'ensemble de l'écosystème", explique Eric Durieux, enqeignant-chercheur en biologie marine à l'université de Corse. 

Sur terre, une autre espèce envahit les habitants de l'île : la Tapinoma Magnum. Cette fourmi n'a pas que le nom de barbare, elle détruit les autres espèces de fourmis et pose problème dans les jardins, et jusque dans les maisons. Myriam Carboni, une habitante de Biguglia, passe deux heures par jour, tous les jours, à essayer de s'en débarrasser. "C'est usant. C'est obsessionnel, même. La nature, il faut la canaliser. Moi, je veux bien des fourmis au fond de mon jardin, ça ne me gêne pas. Mais là, il arrive un moment, non. C'est elle ou moi. Ce sera moi", affirme-t-elle. 

Ici encore, il n'y a aucune solution, mais les chimistes de l'Université de Corse font des recherches sur des huiles essentielles à base de différentes plantes du maquis afin de réaliser des répulsifs naturels.  L'équipe de l'Université de Corte fait aussi des recherches sur les hydrolats et huiles essentielles à base de végétaux corses. Deux des espèces qu'ils ont étudiées ont les mêmes résultats que les produits chimiques du marché : par contact, elles tuent la fourmi en moins de 3 heures. 

Les espèces invasives sont l'une des principales menaces pour la biodiversité. En Europe, elles ont augmenté de 75 % depuis les années 90.  


V. F I Reportage TF1 : Emmanuelle Rouillon et Angèle Ricciardi

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