Bras de fer dans les Bouches-du-Rhône entre un parc à thème, une commune et une association

par La rédaction de TF1info | Reportage : Emmanuelle Binet, Maroine Jit
Publié le 16 février 2024 à 16h17

Source : JT 13h Semaine

Un parc à thème des Bouches-du-Rhône va devoir démolir ses dernières installations.
Des associations et la commune accusent le propriétaire d'avoir fait les travaux sans autorisation.
Une affaire qui, localement, suscite beaucoup de réactions.

C'est un parc flambant neuf, en pleine nature, et à quelques mètres du château de la Barben, le plus vieux de Provence. Problème : son propriétaire n'a pas attendu d'avoir toutes les autorisations pour le construire, et ce n'est pas tout. "On a les graviers qui sont là-bas, la petite scène qui est à retirer", explique le propriétaire des lieux. Des installations récentes, jugées illégales, même si 150.000 spectateurs se pressent chaque année dans ce parc à thème.

"C'est tout à fait normal"

La raison, le Rocher Mistral est situé dans une zone Natura 2000, régie par des autorisations strictes. Et selon son directeur, aux délais trop longs. "Comme les agriculteurs, beaucoup de chefs d'entreprises s'arrachent les cheveux avec les normes et les réglementations. Ce sont une vraie boite à outils pour créer une obstruction au développement et à la restauration du patrimoine, on en est un cas d'école", explique Vianney d'Alançon, propriétaire du château.

Dans cette commune de 800 habitants, l'affaire divise. D'un côté, les opposants au Rocher Mistral. "Il a tout fait sans permis sans rien, donc c'est tout à fait normal", tranche un passant. De l'autre, il y a ses soutiens. "Pour le contexte économique de la Barben, je pense que c'est un atout", nuance un homme.

Pour ce responsable d'association, constitué partie civile, ce procès, c'est une victoire en demi-teinte, avec un jugement selon lui "clément". En cause, aucune condamnation pour une atteinte présumée à cette espèce protégée de chauve-souris. "Il y a bien eu une baisse d'effectifs, il ne s'en cache pas d'ailleurs, d'avoir déplacé une colonie. De par la loi, on ne peut pas déplacer une espèce protégée sans dérogation. La loi de la République s'applique à tous", martèle Stéphane Coppey, président de France Nature Environnement des Bouches-du-Rhône.

Le propriétaire du château compte faire appel de ce jugement. Comme prévu, le parc du Rocher Mistral ouvrira ses portes aux visiteurs le 30 mars prochain.


La rédaction de TF1info | Reportage : Emmanuelle Binet, Maroine Jit

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