Chenilles processionnaires : un inquiétant retour précoce sous l'effet du redoux

par Hamza HIZZIR | Reportage TF1 Michel Izard, Grégoire Guist'hau, Jean Chubilleau
Publié le 21 février 2024 à 12h21

Source : JT 20h Semaine

Jamais nous n'avions connu un début d'année aussi doux.
Après un mois de janvier record, la tendance s’est poursuivie lors des 15 premiers jours de février.
Ces températures clémentes favorisent les invasions de chenilles processionnaires.

C’est un insecte qui provoque de vives irritations. La chenille processionnaire, néfaste pour la santé des hommes comme des animaux, mais aussi pour les cultures, prolifère sous l’effet du redoux. Autrefois cantonnée à la Méditerranée, elle colonise désormais les conifères de l’ensemble des départements de France métropolitaine. Selon la liste publiée en décembre par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), 9.027 communes du pays sont classées à risque pour cette menace, soit presque une ville sur quatre. Faute d’hiver suffisamment froid pour neutraliser les nids, ces nuisibles sont même sortis avec trois mois d'avance en 2024, symbole d’une nature déboussolée, dépeinte dans le reportage du 20H de TF1 à voir en tête de cet article.

"L’année dernière, au lieu de descendre au mois de mars, les chenilles sont descendues le 15 février. Cette année, elles sont descendues le 15 décembre", témoigne, auprès de TF1, Bernard Gagné, arboriculteur à Louveciennes (Yvelines). Dans ce département de région parisienne, 70% des 259 communes sont touchées, dont une sur cinq au niveau 1, le plus élevé. En cause : les poils extrêmement urticants et volatiles de l’insecte, qui peuvent causer plaques de boutons, conjonctivites ou problèmes respiratoires chez l’homme, ainsi qu’une nécrose de la langue et potentiellement la mort chez l’animal. 

"On peut légitimement penser que le dérèglement climatique a une incidence sur l’évolution des zones occupées par les chenilles", souligne Emmanuel Gachet, chef de l’unité expertise sur les risques biologiques à l’Anses. "Pour se nourrir, la chenille a besoin d’une température qui est relativement douce, avec un minimum d’environ 9 °C à l’intérieur du nid en journée et zéro la nuit", détaille, pour sa part, Alice Samama, de l’Observatoire des espèces à enjeux pour la santé humaine, mis en place en 2021 sous l’égide de plusieurs ministères.

Arbres abattus, installation de pièges, annulation des déplacements scolaires…  Dans les secteurs touchés, les élus locaux ont beau se plier aux consignes des autorités, le combat semble perdu d’avance. "Avant ça se cantonnait aux espaces un peu éloignés, maintenant, on en a dans tous les pins du centre-ville" s’inquiète Jean-Marc Pommier, le maire de Bonnières-sur-Seine (Yvelines). Le seul insecticide autorisé, le BTK, lui aussi nuisible à d’autres espèces, nécessite de fermer des sites entiers au public pendant un, voire plusieurs jours. Alors l’Anses préconise de se laver les mains après une balade en forêt, d’éviter de faire sécher du linge ou de se frotter les yeux à proximité des nids. Et précise qu’il "n’est pas possible d’éradiquer cette espèce".


Hamza HIZZIR | Reportage TF1 Michel Izard, Grégoire Guist'hau, Jean Chubilleau

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