Quelque 1600 oiseaux ont succombé à la grippe aviaire en trois semaines seulement, sur les bords des lacs du département de l'Essonne.
La préfecture a placé la zone "sous haute surveillance" et recommande aux promeneurs de ne pas s'approcher des volatiles.
Le maire de Viry-Châtillon a dû recourir à l'aide de l'État pour pouvoir prendre en charge les cadavres.

Observés de loin, les oiseaux qui dérivent à la surface du lac de Viry-Châtillon semblent profiter de l'eau. Mais à regarder de plus près, plusieurs cadavres flottent sur la rive, notamment celui d'une mouette, maculé de moucherons. Depuis mi-janvier, plus de 1600 volatiles sont morts en Essonne, en Île-de-France. "On en est aujourd'hui à une moyenne de 100 à 130 oiseaux morts découverts tous les jours", déplore Jean-Marie Vilain, maire divers droite de la commune, dans le reportage de LCI à retrouver en tête d'article. 

L'urgence est telle que les lacs du département ont été placés "sous haute surveillance" par arrêté préfectoral, une zone de contrôle s'étendant à 118 communes dont Viry-Châtillon. "Ce virus, qui circule activement en Europe par l'intermédiaire des oiseaux migrateurs ou parmi la faune sauvage autochtone est particulièrement contagieux et pathogène pour les oiseaux", explique la préfecture sur son site

"Il ne faut pas les toucher"

Comme celui-ci "persiste et reste actif principalement dans les fientes et les eaux stagnantes contenant des fientes contaminées", les promeneurs sont appelés à la plus grande vigilance, notamment en évitant les zones humides comme les bords des plans d'eau. "Afin de limiter la diffusion du virus, prière de ne pas nourrir, ne pas toucher" les volatiles, exhorte également un panneau d'affichage. 

"On a aussi communiqué aux personnes un contact, pour qu'elles puissent nous prévenir si elles voient des oiseaux morts, et que l'on puisse les ramasser. Il ne faut pas les toucher", appuie Jean-Marie Vilain. "On demande par ailleurs aux passants de tenir leur chien en laisse, pour que les animaux ne les prennent pas dans la gueule, et ainsi que le virus ne s'étale pas."

Pour éviter la propagation de la maladie, les volatiles doivent être récupérés et stockés avant de passer à l'équarrissage, le traitement et l'élimination de ces cadavres, ainsi que la valorisation des matières organiques en farines par exemple. Une charge trop lourde pour les collectivités, qui ont dû faire appel à l'État. "Elles doivent financer un congélateur, l'achat d'un bac pour l'équarrissage, et toutes les combinaisons" des agents municipaux déployés pour s'en occuper, détaille Sébastien Viprey, responsable du patrimoine vert Grand-Orly Seine Bièvre. "On arrive à environ 4000 ou 4500 euros, sans compter la main d'œuvre", soupire-t-il.

Le virus frappe également des mouettes dans d'autres départements français, comme la Moselle ou l'Eure-et-Loir. Le fléau de la grippe aviaire sévit aussi depuis plusieurs mois dans les élevages de volailles. Plus de 20 millions d'entre elles avaient été abattues entre fin 2021 et le printemps 2022, un record pour le pays. Depuis la reprise de cette épizootie cet été, 4,6 millions de volailles ont été euthanasiées dans les élevages français, dont plus d'un million en un seul mois, entre fin décembre et fin janvier, d'après les derniers chiffres du ministère de l'Agriculture.


M.L

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