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Qu'est-ce que ce crabe bleu invasif qui prolifère sur le littoral méditerranéen ?

La rédaction de LCI
Publié le 20 août 2021 à 10h26
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

ENVIRONNEMENT – Le crabe bleu serait originaire d’Amérique et prolifère sur les côtes françaises de Méditerranée depuis 2017. Et ce, au détriment des poissons, d’autres crabes ou de canetons de la lagune. Si bien que sa présence inquiète les scientifiques et les pêcheurs des Pyrénées-Orientales.

Jean-Claude Pons est désespéré. Ce pêcheur attrape l’anguille depuis 40 ans dans l’étang de Canet-en-Roussillon, dans les Pyrénées-Orientales. Mais cette année, à cause du crabe bleu, cela ne sera peut-être pas le cas. "Comment vous voulez attraper une anguille avec ça ? Tous les jours, il y a ça. Tous les jours, c’est que des crabes bleus", se plaint-il, désespéré.

La présence de cette espèce n’est pourtant pas nouvelle. Ce crabe, reconnaissable à ses grandes pinces bleues, a été signalé en Provence-Alpes-Côtes-d’Azur dès les années 1960. Aujourd’hui, il est cependant largement présent sur le littoral méditerranéen, particulièrement au niveau de ses lagunes et étangs.

Un crabe vorace et très bon reproducteur

Particulièrement vorace, elle se nourrit de moules, d’huitres et de poissons juvéniles présents dans son environnement. Mais le crabe peut aussi couper les filets des pêcheurs grâce à ces pinces. Si bien que cette prolifération, forte depuis 2017, inquiète les scientifiques, comme les pêcheurs.

 À l’origine, l'espèce vient d’Amérique et aurait été introduit par l’intermédiaire du trafic maritime. À la faveur du réchauffement climatique et grâce à des capacités d'adaptation, cette espèce s'est développée près de Perpignan et pourrait continuer à se propager sur le reste du littoral, pouvant faire jusqu’à 15 kilomètres par jour à la nage. Bon reproducteur avec des pontes jusqu'à 2 millions d’œufs et délivrés de ses prédateurs naturels, le crabe bleu est donc une vraie menace pour les espèces locales.

Si aux États-Unis, ce crabe est réputé pour sa chair, il n’existe pas en France de filière d’exploitation. Au Canet-en-Roussillon, alors que les pêcheurs peuvent en attraper jusqu’à 2000 par jours, ils en vendent à peine 100 kg par semaine, à deux euros le kilo.

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Mais les pêcheurs ne veulent pas qu’une filière s’organise. "Il ne faut pas qu’elle prenne le pas sur les autres espèces et qu’elles détruisent notre métier", assure Manu Martinez, président du syndicat des pêcheurs petits métiers d’Occitanie. Certains jugent ainsi nécessaire le déblocage rapide de fonds publics pour arrêter cette prolifération. La vente de crabes est d’ailleurs présentée comme une solution pour financer cette lutte. 


La rédaction de LCI

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