VIDÉO - "Ça me rend fou" : la colère des agriculteurs face aux déchets qui tuent leurs bêtes

V. F | Reportage vidéo Médéric Pirckher, Aurélie Janssens et Laurence Leray
Publié le 5 septembre 2022 à 16h14

Source : JT 13h Semaine

Des agriculteurs partent en guerre contre ceux qui jettent leurs déchets au bord des routes.
Ces détritus métalliques ou plastiques finissent souvent dans l'estomac des bovins, ce qui peut avoir de graves conséquences.

Julien Hindré, éleveur à Plouzané (Finistère) n’en peut plus. Chaque semaine, c'est la même histoire : des cartons, du plastique, plusieurs sacs de déchets jonchent l’entrée de son champ. "Ça me rend fou de voir ça. Y a des gens, ils n'ont pas de poubelles chez eux, il n'y a pas assez de poubelles dans les communes. Y en a marre de voir des déchets au bord des routes", s'insurge-t-il dans la vidéo du JT de TF1 en tête de cet article. Poussés par le vent, ces détritus se retrouvent ensuite dans sa parcelle, cachés au beau milieu de l’herbe.

Et sa grande hantise, c'est d’y retrouver des canettes en aluminium. "La canette va passer dans la remorque et va être lacérée, découpée en petites pièces", explique-t-il. Et ces lames de rasoir vont se retrouver dans l’alimentation des bovins. Car les vaches ne font pas de différence : contrairement aux ovins, elles sont incapables de trier leur nourriture. "O,n me verrait leur donner ça, ajoute-t-il en montrant 'est comme si je balançais la canette dans le champ, le résultat est le même", ajoute-t-il.

Des milliers de bêtes tuées chaque année

Dans sa carrière, Julien a perdu plusieurs vaches à cause des déchets : des copeaux de canettes ont  lacéré l’estomac de ses animaux. Alexandre Godard, vétérinaire, connaît bien ce fléau. "On en rencontre régulièrement. Dans les études, c'est 2 à 10% des bovins qui vont être concernés par des corps étrangers de ce type-là", assure-t-il. 

Selon une étude de l'Agence de sécurité sanitaire (Anses), datant de 2021 et se basant sur les données collectées dans les abattoirs, lors des autopsies et dans les exploitations, près de 2 millions de vaches sont concernés par l'ingestion de corps étrangers métalliques en France. Cette ingestion provoque la mort de 29.000 bêtes chaque année dans le pays. Et quelque 30.000 carcasses sont partiellement, voire totalement écartées de la consommation à cause de ce triste phénomène, que l'association écologiste Robin des Bois a surnommé "la maladie des déchets".

Dans le Finistère, Mireille Bertevas a donc décidé d’agir. En colère, cette éleveuse a mis en place des panneaux sur lesquels elle a écrit : "la route n'est pas une poubelle". "On n'a pas le choix parce que les gens ne se sentent pas responsables", alerte-t-elle. Avec ces panneaux, les détritus sont certes moins nombreux, mais toujours présents. 


V. F | Reportage vidéo Médéric Pirckher, Aurélie Janssens et Laurence Leray

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