Un glacier s'effondre dans les Alpes italiennes : au moins six morts

VIDÉO - Réchauffement climatique : en France, une vingtaine de glaciers sous haute surveillance

Léa Prati | Reportage TF1 Reportage Y. Matisse, F. Marchand
Publié le 4 juillet 2022 à 18h53, mis à jour le 4 juillet 2022 à 18h59
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Source : JT 13h Semaine

La rupture du glacier de la Marmolada, en Italie, a fait au moins 6 morts et 8 blessés dimanche.
En France, une vingtaine de glaciers sont sous haute surveillance.
Le risque d'un effondrement majeur n'est cependant pas d'actualité.

Dimanche 3 juillet, un important bloc de glace s'est détaché de la "La Reine des Dolomites", le glacier de la Marmolada. Situé dans les Alpes du nord de l'Italie, l'avalanche de neige et de boue a fait six morts, huit blessés et 16 disparus. Selon des glaciologues italiens, de l'eau de fonte provenant de la surface se serait infiltrée et accumulée dans le manteau neigeux. Sous l'effet de la pression d'eau, il y aurait eu une rupture, provoquant l'effondrement du glacier. Mais ce type de catastrophe peut-il arriver en France ? 

Pour éviter cela, une vingtaine de glaciers sont sous surveillance. Déformations, température, mesures de l’épaisseur et de la vitesse d’écoulement... Tout est analysé. Pour surveiller ces géants de glace, les scientifiques utilisent notamment des radars qui envoient des ondes radio. Ces dernières frappent la surface du glacier et reviennent.  

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L'un d'eux présente des risques plus importants et attire l'attention des glaciologues. Au-dessus de Chamonix (Haute-Savoie), le glacier de Taconnaz ne cesse de se réchauffer et de se réduire. Pour éviter une catastrophe, un bassin de rétention a été construit dans la vallée pour protéger la population. Des forages à plus de 130 mètres de profondeur ont aussi été effectués ces trente dernières années. À 50 mètres de profondeur, ce glacier se réchauffe de deux degrés. 

"Dans la partie basse de ce glacier suspendu, la glace est de moins en moins collé au rocher parce que la température se situe augmente et oscille entre -1°C ou -2°C. Du coup, on a certainement de l’eau qui passe en dessous du glacier, ce qui fragile énormément cette barre de glace qu’on appelle barre de séracs qui va s’effondrer régulièrement", explique Sylvain Coutterand, géomorphologue et glaciologue, dans le reportage de TF1 en tête de cet article. 

L'alpinisme, une pratique plus dangereuse ?

Selon les scientifiques, le risque d'un effondrement majeur n'est pas d'actualité. Mais ce phénomène pourrait se produire un jour. La montagne reste imprévisible, comme le constate un alpiniste qui pratique cette activité depuis plus de dix ans. Selon lui, les glaciers se sont détériorés à vue d’œil. Il observe "des chutes de pierres, des crevasses ouvertes, des glaciers qui ne sont plus des glaciers. Ce sont de la terre et des cailloux."

Sur la voie d'accès au Mont Blanc, l'arête des bosses laisse apparaître, depuis cet hiver, de larges crevasses de 150 mètres de long pour 16 mètres de large. Xavier Cailhol, aspirant guide de montagne, étudie l'impact du réchauffement climatique sur les itinéraires d'alpinisme. Selon lui, ces évolutions rendent "la pratique de l’alpinisme plus technique à cet endroit-là." Cet étudiant en géographie de montagne s’est rendu, avec son équipe, à plus de 4 600 mètres d’altitude pour prendre des mesures. "Si ça se met à vraiment beaucoup se réchauffer, on va arriver à des zones de glaciers tempérés, sauf que ce sont des pentes trop raides et donc la glace pourra éventuellement glisser vers le bas."


Léa Prati | Reportage TF1 Reportage Y. Matisse, F. Marchand

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