Dans les prochaines années, l'érosion côtière va menacer un millier de bâtiments.
Le sud-ouest est particulièrement exposé et les tempêtes de ces derniers mois ont accentué le phénomène.
Pour s'en rendre compte, le JT de TF1 s'est rendu sur le bassin d'Arcachon.

Des pins centenaires et des racines à nu, c'est le bilan de l'hiver au Cap Ferret. "On a perdu en hauteur deux mètres de sable", affirme Philippe de Gonneville, le maire de Lège-Cap-Ferret dans le reportage de TF1 ci-dessus. Soit un recul du trait de côte d'environ huit mètres en seulement un hiver. Ici, on vient de démonter le poste de secours. Il sera réinstallé 60 mètres plus loin.  "Dans un premier temps, il y aura du réensablement, c'est-à-dire que dans le cadre de ce qu'on appelle la lutte active souple, on rajoute du sable. On va mener un certain nombre d'études avec nos partenaires et les services de l'État de façon à essayer de trouver une solution pérenne pour éviter ce type d'érosion", poursuit l'édile.

A Bidart, les falaises menacent

Toute la côte atlantique est concernée. À une centaine de kilomètres, à Biscarrosse, les accès à la plage sont fermés sur une centaine de mètres, car la dune risque de s'effondrer sur les promeneurs. Et ce, malgré les travaux commencés il y a un mois où 39 000 tonnes de sable ont été déversées. L'équivalent de dix piscines olympiques. "Sur le long terme, je ne pense pas que ce soit une solution puisque de toute façon l'eau est tellement forte, on a beau lutter, on va réduire les effets, mais au final, je ne sais pas si on va réussir à contrer ça", s'inquiète une riveraine. 

Tous les bâtiments construits sur la dune sont désormais grignotés par les vagues. Conséquence, les commerces proches de l'océan ont l'obligation d'être démontables, comme le restaurant "La Siesta". "Toute la terrasse et tous les détails, on met plutôt trois semaines, un mois et à la fin de saison, on démonte. Mais là, c'est un peu plus rapide", explique Jules Llumbiarres, responsable de salle. Tous les étés, l'enseigne emploie 20 personnes et chaque année, c'est la même incertitude. Le bail sera-t-il renouvelé ? 

L'érosion est un phénomène que l'on constate tout au long de la côte. Dans le Pays basque, à Bidart, ce sont les falaises qui menacent. L'une d'entre elles s'est effondrée en 2020, tout près de la maison de  Laurence Mazzella. "C'est vrai que c'est ça qui fait vraiment peur. On peut être confronté à des risques et on ne peut pas se mettre en danger aussi. Il vaut mieux partir, fuir que rester là. On ne peut pas combattre la nature", admet-elle. 

Pour éviter une catastrophe, la mairie finance des travaux tous les ans. Le pied de falaise vient tout juste d'être consolidé par des rochers, mais le coût de ces chantiers est considérable. "On prévoit cinq, six millions, après, on verra bien sur les trois, quatre ans qui viennent. C'est pour ça qu'on ne peut pas défendre l'ensemble du littoral non plus. On défend les zones les plus urbanisées. C'est un travail sans fin", déplore Emmanuel Alzuri, le maire de Bidart. À partir de 2050, la lutte contre l'érosion pourrait coûter chaque année plus d'un milliard d'euros. 


V. F | Reportage TF1 : Tristan Vartanian et Florian Gourdin

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