Érosion du littoral : comment les communes tentent de freiner la progression de la mer

par La rédaction de TF1info | Reportage : Mérième Stiti, Antoine Santos
Publié le 26 février 2023 à 18h37

Source : JT 13h WE

En Normandie, plusieurs communes sont confrontées à l'érosion de leur littoral.
Elles investissent dans de coûteuses installations pour limiter ce phénomène.
Malgré cela, des habitants voient chaque année la mer rogner leur terrain et menacer leurs maisons.

Il ne reste plus rien de la dune, comme on le constate dans le reportage de TF1 en tête d'article. Comme 20% du littoral normand, la commune d'Agon-Coutainville (Manche) connaît un phénomène d'érosion et voit chaque année l'eau gagner sur son territoire. À la place du sable, c'est désormais une digue de trois kilomètres de long qui protège les habitations. Il y a deux ans, ce rempart a même dû être surélevé. 

Sans cet ouvrage, Bernard Clément aurait déjà les pieds dans l'eau. "Devant, il y avait une dune à la hauteur de la terrasse", témoigne ce retraité, qui observe depuis 50 ans l'évolution du littoral. "La ville va tout faire pour protéger les maisons, quitte à rehausser encore la digue, pour l'instant, on n'a que ça, on aura peut-être autre chose, mais ça tient pour l'instant".

Seulement quelques mètres de plage

Comme lui, de nombreux habitants ont vu la mer grignoter du terrain. "Tout a été mangé par la mer, heureusement qu'il y a les cailloux, sinon il n'y aurait plus rien, c'est sûr", estime un ancien marin pêcheur. À marée haute, la mer s'arrêtait 200 mètres plus loin. Il ne reste désormais que quelques mètres carrés de plage. "Je venais avec mes enfants, qui maintenant sont grands, jouer à la plage, et on faisait des châteaux de sable, maintenant, il n'y a plus qu'un petit triangle de sable", déplore une dame.

Les sapins de noël pour protéger la dune

Dix kilomètres plus au nord, à Gouville-sur-Mer, les habitants sont depuis quelques années invités à déposer leur sapin de noël sur la plage pour renforcer la dune. Cette année, plus de 2000 arbres ont été installés, de quoi gagner un mètre de sable.

"Le vent et la marée font monter le sable, et le sable se retrouve prisonnier des branches de sapin, et cela reconstitue une dune", avait expliqué fin décembre Dominique Dujardin, président de l'association "Le trait de côte" à TF1

Mais de l'autre côté de la cale, la dune a déjà été grignotée par la mer. Pour empêcher la montée des eaux, la commune a tout essayé : sacs de sable, enrochement et récemment l'installation sur 100 mètres de pieux. À chaque fois, des centaines de milliers d'euros sont déboursés. "Il faut absolument protéger, nous avons quand même deux campings, puis de nombreuses entreprises ostréicoles" explique François Legras, maire LR de la commune.

"La mer a le dernier mot"

Mais à long terme, ces méthodes restent inefficaces. "Notre souhait c'est de rester bord de mer, front de mer, mais on sait qu'à terme, il ne va plus exister", reconnaît Luc Catherine, co-gérant du camping "Belle-Étoile", qui sait que "c'est la mer qui a le dernier mot". Une fois que le camping sera déplacé, l'enrochement sera retiré, avec l'objectif de retrouver l'aspect naturel du site.

Le gouvernement a publié en avril dernier une liste de 126 communes dont l'action "en matière d'urbanisme et la politique d'aménagement doivent être adaptées aux phénomènes hydro-sédimentaires entraînant l'érosion du littoral". Parmi elles, se trouvent 16 communes normandes. 


La rédaction de TF1info | Reportage : Mérième Stiti, Antoine Santos

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