Chasse aux pigeons : ces villes épinglées pour leurs méthodes jugées cruelles

par La rédaction de TF1info | Reportage vidéo Marine Brossard, Julien Clouzeau, Anouchka Flieller
Publié le 19 janvier 2023 à 11h42

Source : JT 20h Semaine

La mairie d'Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine) est visée par une plainte pour maltraitance sur les pigeons de la ville.
Une enquête publiée par Paris Animaux Zoopolis, qui pointe du doigt les méthodes d'autres villes françaises, montre des volatiles morts laissés à l'abandon dans des cages.
La question de la gestion de ces oiseaux est un véritable casse-tête.

Ils sont souvent qualifiés de "rats volants". Dans les centres-villes des communes de l'Hexagone, la présence des pigeons peut être un véritable problème d'environnement et de santé publique. Mais les méthodes utilisées pour se débarrasser de ces oiseaux font parfois débat. C'est notamment le cas dans les Hauts-de-Seine, où la commune d'Asnières-sur-Seine est visée par une plainte pour maltraitance.

C'est l'association de protection animale Paris Animaux Zoopolis (PAZ) qui est à l'origine de la procédure, qui vise également la société d'hygiène Sapian, pour "sévices graves sur animaux". Une plainte déposée le 13 janvier dernier, alors que l'association a publié sur Internet une enquête sur les méthodes utilisées pour se débarrasser des pigeons dans le centre-ville d'Asnières. 

Une campagne "barbare"

Les images tournées par Paris Animaux Zoopolis, visibles dans le reportage du 20H de TF1 en tête de cet article, montrent des cadavres de volatiles laissés à l'abandon dans des cages, ou encore un employé de Sapian donner un coup de pied dans un oiseau, sans le ramasser. "On voit des pigeons qui sont en souffrance, certains meurent d'épuisement et de soif, et pour ceux qui survivent, les employés les placent dans de vulgaires seaux, pour être amenés sur un lieu pour être gazés", s'indigne Amandine Sanvisens, cofondatrice de PAZ.

Si l'abattage de l'animal est légal, le procédé interpelle, d'où la plainte déposée par l'association, qui appelle également à manifester devant la mairie d'Asnières ce vendredi 20 janvier. La ville, elle, rejette la responsabilité sur l'entreprise en charge de la régulation des pigeons et n'a pas souhaité répondre au 20H de TF1. Dans un communiqué publié mercredi 18 janvier, elle a toutefois annoncé déposer plainte contre Sapian et engager "des procédures afin de mettre fin au contrat qui lie les deux entités". Malgré tout, la commune compte bien poursuivre sa lutte contre la prolifération de ces oiseaux.

Elle pourrait, à l'avenir, faire appel à un fauconnier pour les chasser. Un casse-tête pour Asnières, déjà épinglée en novembre 2020 pour une campagne de dépigeonnisation "barbare", selon les termes de l'association Bird Rescue. Une pétition avait alors recueilli 50.000 signatures pour mettre fin aux pratiques de la commune. 

D'autant que d'autres méthodes existent pour mieux réguler les populations de ce volatile. Dans son enquête publiée en ce début d'année 2023, PAZ s'est intéressée à 141 mairies, et notamment aux 20 plus grandes villes de France, pour leurs méthodes de régulation de ces oiseaux. Si 52 ont refusé de transmettre les documents relatifs à leur politique, il en ressort que 40 ont recours à des méthodes non létales, quand 43 capturent puis gazent les pigeons et/ou ont recours à des campagnes de tir, six ont recours à la stérilisation chirurgicale et cinq pratiquent l'effarouchement. 

Marseille, Toulouse ou Nantes pointées du doigt

Parmi les bons élèves pointés par l'association, Quimper dans le Finistère, où les services de la mairie ont choisi de réguler la reproduction des oiseaux en leur donnant du maïs enrobé de médicaments contraceptifs. Une méthode utilisée depuis maintenant sept ans. Dans les Alpes-Maritimes, à Nice, la municipalité a opté pour des abris contenant de l'eau et de la nourriture et constituant un nid rêvé pour pondre. Une fois les œufs présents, les agents de la mairie les récupèrent pour qu'ils ne puissent pas éclore. Avec cette méthode, Nice a empêché environ 1500 pigeons de naître chaque année.

En revanche, les villes de Marseille, Toulouse, Nantes, Reims, Rennes, Angers ou Villeurbanne sont pointées du doigt par PAZ, les communes ayant recours au gazage des pigeons et/ou à la stérilisation chirurgicale.


La rédaction de TF1info | Reportage vidéo Marine Brossard, Julien Clouzeau, Anouchka Flieller

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