Notre littoral va reculer d'ici à 2050.
Le Nord et la Normandie sont touchées de plein fouet par l'érosion des falaises.
Dans une soixantaine de communes, le retrait de côte est supérieur à 1,50 mètre par an.

Ces trente prochaines années, le changement climatique devrait engendrer une montée des eaux similaire à celle mesurée sur tout le siècle dernier. Touchés de plein fouet par l'érosion des falaises, le Nord et la Normandie sont directement menacés, tout comme la Bretagne et la façade Atlantique. Dans ces régions, des centaines d'habitants vivent sous le niveau de la mer. Des communes entières vont-elles être submergées d'ici à 2050 ?

"Il y a une soixantaine de communes où l'on observe un retrait de côte qui est supérieur à 1,50 mètre par an, donc c'est assez énorme", détaille Françoise Vimeux, climatologue, directrice de recherche à l'institut de recherche pour le développement (IRD), soulignant que "ces villes vont être particulièrement affectées". 

Lacanau

Parmi ces villes en danger figure Lacanau en Gironde. La plage centrale est vouée à disparaitre totalement tandis que des bars et des commerces vont devoir déménager. Pionnière dans la région pour relocaliser plus d'un millier de logements, la station balnéaire a repoussé ce projet à l'après 2050, faute de moyens juridiques et financiers. Elle privilégie désormais la construction d'une digue fixant temporairement le front de mer.

Car dans la région Nouvelle-Aquitaine, selon le Groupement d'intérêt public (GIP) littoral, principal acteur local de la gestion de l'érosion, jusqu'à 6.700 logements et commerces pourraient être avalés par l'océan d'ici à la moitié du siècle, si rien n'est fait. 

Selon les scientifiques de l'Observatoire de la côte de Nouvelle-Aquitaine, le littoral sableux du golfe de Gascogne pourrait ainsi reculer de 50 mètres, et les côtes rocheuses du Pays basque de 27 mètres, d'ici à 2050. Phénomène naturel à l'œuvre depuis 18.000 ans sur le littoral atlantique, le recul du trait de côte se caractérise par un déplacement massif de sédiments sous l'effet des vagues, des vents et des marées.

Criel-sur-Mer

Dans trente ans, les maisons qui longent le littoral de Criel-sur-Mer en Seine-Maritime pourraient, elles aussi, avoir disparu. L'exemple d'une résidence secondaire devant être détruite d'ici au printemps 2023 après une expropriation en 2021 est là pour en témoigner.  De fait, si cela fait plus de dix ans que certains accès sont restreints à cause du risque d'effondrement de falaise, l'érosion s'est accentuée au cours des deux dernières années à cause de la crise climatique. La dernière chute date de mi-novembre, mais l'effondrement le plus impressionnant remonté, lui, à l'hiver 2021, lorsque des morceaux de plus de cinquante mètres de long se sont détachés. 

Plus à l'ouest, la pointe du Hoc subi, elle aussi, déjà les conséquences de la montée du niveau de la mer et de l'érosion des falaises.

Les Saintes-Maries-de-la-Mer

La Méditerranée n'est pas épargnée avec en première ligne la Camargue, plus grande zone humide de France et dont la majorité du territoire est située à moins d'un mètre au-dessus du niveau de la mer. Aux Saintes-Maries-de-la-Mer, qui pourraient devenir une presqu'ile, des digues ont été construites pour retenir l'eau et protéger le village.

Cette politique d'endiguement a été lancée après la tempête de 1982 lors de laquelle toute la Camargue avait été inondée. C'est au Symadrem, le Syndicat Mixte Interrégional d'Aménagement des Digues du Delta du Rhône et de la Mer, qu'incombe la gestion des nombreuses digues qui protègent la Camargue de l'assaut des vagues. Dans un diagnostic présenté le 18 octobre dernier, l'organisme chargé d'anticiper les futures politiques publiques de protection de la Camargue, estime que les dégâts provoqués par les tempêtes auront en 2100 un coût annuel moyen 5 fois plus élevé si rien n'est fait.


Audrey LE GUELLEC

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