À cause des étés de plus en plus chauds, la vente d'huîtres Marennes Oléron sera désormais suspendue de juin à août.
Un coup dur pour les ostréiculteurs de Charente-Maritime.
Une équipe de TF1 s'est rendue auprès d'eux.

D'immenses bassins ostréicoles à perte de vue. C'est ici, sur la côte Atlantique, entre Étaules et Chaillevette (Charente-Maritime), que sont affinées les huîtres Marennes d'Oléron. Elles restent dans cette eau, moins salée que celle de la mer, pendant deux à quatre semaines. Un processus qui leur donne un goût particulier. Mais depuis quelques années, les étés sont de plus en plus chauds dans la région. "Quand il va faire 40 degrés cet été, l'eau va monter à 30, déplore Philippe Ménadier, ostréiculteur, dans le reportage du 20H de TF1 à voir ci-dessus. On va avoir énormément de pertes."

Pas assez d'oxygène pour les huîtres

Une eau à cette température fournit beaucoup moins d'oxygène pour les huîtres, qui peuvent de ce fait étouffer. Celles qui survivent n'ont par ailleurs pas le goût escompté. "À cause de l'évaporation et de la température, on va avoir une huître qui sera très salée, insiste le producteur. Une huître n'est pas faite pour vivre dans de l'eau très chaude." Le cahier des charges de l'indication géographique protégée (IGP) vient donc d'être modifié : il est désormais impossible de vendre ces huîtres entre juin et août.

Les clients doivent donc se tourner vers d'autres variétés. "J'ai une sensibilité écologique qui fait que je sais qu'il y a des changements qui s'opèrent, assure l'un d'entre eux à notre équipe de journalistes. Donc, forcément, il faut qu'on s'adapte." "C'est regrettable, mais on ne peut pas faire autrement, abonde un autre acheteur. On préfère en manger des bonnes, au bon moment, plutôt que d'en acheter toute l'année." 

Au total, 200 ostréiculteurs sont concernés. Le réchauffement climatique a des conséquences sur toute la filière. Alors, pour continuer à vendre leurs produits cet été, les professionnels doivent s'adapter et proposer des huîtres provenant directement des parcs en pleine mer. "Si tout va bien, elles vont être commercialisables d'ici à un mois", assure Thibault Coustenoble, ostréiculteur dans la région. Comme lui, certains de ses collègues ont trouvé une alternative face à cette situation. "Aujourd'hui, on a un produit de substitution, qui va être largement aussi bien que les huîtres habituelles", poursuit-il. Tous espèrent obtenir un label rouge pour ces nouvelles huîtres dans les prochaines années.


T.A. | Reportage TF1 : Alexandra VIEIRA et Eudeline BOISHULT et Bastien DUFOUR

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