En raison du réchauffement climatique, les chenilles processionnaires sont de retour de plus en plus tôt.
Elles sont désormais partout en France et peuvent causer des réactions allergiques graves.

Au printemps, elles quittent leur cocon dans les arbres, pour s'enterrer et devenir chrysalides puis papillons. Avec le réchauffement climatique, les chenilles processionnaires sont de retour de plus en plus tôt dans la saison. Autrefois confinées dans le Sud, elles sont désormais sur tout le territoire français. 

Le problème : elles sont hautement nuisibles. Dans un décret du 27 avril 2022 publié au Journal officiel, ces insectes ont d'ailleurs été ajoutés à la liste des espèces dont la prolifération est nuisible à la santé humaine. "Toute la France est contaminée par la chenille processionnaire. On a des hivers très peu froids donc ça contribue à sa prolifération", détaille Julien Verkaplen, technicien applicateur hygiéniste pour la société Rattus. 

Rhinites, conjonctivites, crises d'asthme...

Les poils de ces animaux sont très urticants, et peuvent créer des œdèmes chez certains animaux, notamment les animaux de compagnie comme les chats, chiens et lapins. "C'est mortel pour eux", confirme le spécialiste, appelé pour une intervention chez un particulier qui élève des lapins. 

Si les chenilles processionnaires sont hautement dangereuses pour les animaux, elles peuvent aussi provoquer diverses réactions allergiques chez l'homme. "L'urticaire, c'est le premier risque. Ensuite, les rhinites, conjonctivites donc une atteinte nasale ou oculaire", explique au micro du 20H de TF1 Sébastien Lefèvre, président du Conseil national professionnel d'allergologie. Dans le pire des cas, elles peuvent également déclencher des "crises d'asthme" et des "chocs anaphylactiques", soit le plus haut degré de la réaction allergique, ce qui reste toutefois "rarissime"

La priorité, pour s'en débarrasser, est donc de détruire leurs cocons, perchés dans les arbres. Les techniciens, comme Julien Verkaplen, utilisent des perches en carbone, pouvant atteindre 30 mètres de long, pour faire tomber les cocons. Les interventions se multiplient : en 2015, les trois-quarts de la France étaient concernés par l'infestation de ces chenilles. En 2023, huit ans plus tard, l'ensemble du pays est touché.

Dans les Yvelines, à Maisons-Laffitte, le parc ne comptait aucune chenille processionnaire il y a encore deux ans. Désormais, c'est "l'hécatombe", comme le détaille Corinne Ascoli, directrice de l'association syndicale du parc de la commune. "Le parc comporte 20.000 arbres, dont 208 pins qui sont atteints à 98% par les chenilles processionnaires", soupire-t-elle. Pour tenter de piéger les chenilles et d'en venir à bout, des éco-pièges ont été installés en urgence sur tous les arbres touchés.


F.R | Reportage TF1 Jean Chubilleau et Eric Béra

Tout
TF1 Info