Le 20h

Réchauffement climatique : des effets préoccupants sur les coraux de Méditerranée

Léa Tintillier | Reportage TF1 Matthieu Perrot, Henri-Paul Amar
Publié le 1 décembre 2022 à 7h30
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Source : Le JT

Les gorgones rouges sont les refuges sous-marins de nombreuses espèces dans la Méditerranée.
Cette espèce de corail est mise en péril par le réchauffement climatique.
Les scientifiques tirent la sonnette d'alarme.

Pour les scientifiques, ce sont les arches de Noé de la Méditerranée. Des lieux de vie intense, à plus de 30 mètres de profondeur, au large de l’île de Porquerolles. À ce niveau de la mer, les gorgones rouges, une espèce de corail qui sert d’habitat à de nombreuses espèces, sont en parfaite santé. Ici, "il y a une vie qui est complètement incroyable, féérique, digne du plus beau dessin animé de Walt Disney", affirme Alexis Rosenfeld, explorateur pour la mission 1 Ocean de l’Unesco. 

Mais en remontant quelques mètres plus haut, cette féérie n’existe plus et  les couleurs ont disparu. Dans la zone entre zéro et 30 mètres, le réchauffement exceptionnel de la mer cet été a fait des dégâts colossaux. Les scientifiques parlent d’un incendie qui aurait dévasté la forêt sous-marine. "La gorgone est une espèce ombrelle. Avec sa présence, elle donne la vie à d’autres espèces. Avec la mort de la forêt de gorgones, on perd toute la biodiversité. Tous les animaux qui vivent dans la forêt de gorgones aussi", explique Lorenzo Bramanti, chargé de recherches au CNRS. 

Établir une carte génétique des gorgones

Le problème se pose aussi en Espagne et en Italie. Voilà pourquoi, pendant deux ans, le CNRS et la Fondation 1 Ocean vont réaliser des prélèvements sur plusieurs zones en Méditerranée, pour établir notamment une carte génétique des gorgones, en fonction de leur état de santé et de la profondeur où elles vivent. "C’est essayer de comprendre si les gorgones de profondeur parlent aux gorgones de surface, si ce sont les mêmes familles. Et si ce sont les mêmes familles, c’est quelque chose de très positif parce que ça voudra dire qu’il y aura la possibilité de réensemencer les zones peu profondes avec les zones profondes", reprend Alexis Rosenfeld. 

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Mais à condition qu’un jour la situation s’améliore à la surface. Et il y a urgence. Car même si ces refuges très profonds, explorés à l’aide de drones sous-marins, semblent représenter des coffres-forts biologiques, une question se pose : jusqu’à quand les profondeurs de la Méditerranée constitueront-elles un bouclier thermique pour les gorgones et bien d’autres espèces endémiques ? 


Léa Tintillier | Reportage TF1 Matthieu Perrot, Henri-Paul Amar

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