Les déchets du chantier du Grand Paris sont censés finir dans une carrière en Seine-Maritime.
Si le préfet du département a donné son accord, les habitants des communes alentours sont vent debout.
Ils craignent le trafic incessant et d'éventuelles poussières toxiques.

Bras de fer entre Paris et la Normandie. Les 400.000 tonnes de gravats du chantier du Grand Paris - plus grand chantier actuel d’Europe -, qui pourraient remplir à eux seuls le stade de France, doivent être enfouis dans une carrière en Seine-Maritime. 

Les autorités locales, à commencer par le préfet, ont récemment donné leur feu vert à ce projet de stockage de déchets. De quoi susciter la colère des riverains, que TF1 rencontre, entre Mauny et Bardouville, dans le reportage en tête de cet article. "On a descellé des taux très importants de sulfate et de phosphate. La filtration de la terre ne suffira pas à enlever cette pollution. Inévitablement, elle atteindra la nappe phréatique", fustige ainsi Nathalie Haubert, présidente du collectif "Les pieds dans l'eau". 

Environnement et sécurité routière

Outre l'impact environnemental, c'est surtout l'inévitable ballet incessant des camions qui inquiète les habitants. D'abord embarqués en péniche sur la Seine, les déchets finiront leur voyage dans des camions, à un rythme de 120 engins par jour. Pour certains, cela pose un problème de sécurité routière. "Déjà que le trottoir n'est pas trop fiable... Si l'on rajoute les camions, on ne va pas pouvoir sortir dans la rue avec les enfants. Traverser la route va être infaisable", s'insurge une femme. 

Pourtant, la préfecture l'assure : ces camions ne circuleront ni aux heures de ramassage scolaire ni pendant le week-end. Une annonce qui ne calme par la colère des locaux. "La préfecture a été trompée. Le dossier est bourré d'ineptiesdans le seul but de minimiser l'impact d'un tel chantier sur notre commune", dénonce un opposant qui compte bien, avec les autres manifestants,  multiplier les recours administratifs pour préserver leur environnement. 

Certains sont néanmoins favorables au projet de stockage des déchets, à l'image de Jean Lefebvre, propriétaire d’une maison au pied de la carrière. Celui qui percevra pour cela un dédommagement conséquent fait notamment valoir auprès de TF1 l'apport financier qu'il peut représenter pour la collectivité.


M.G | Reportage TF1 Henri Dreyfus, Séverine Fortin

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