Crise de l'énergie : "fin de l'abondance" et début de la "sobriété"

VIDÉO - Ma Prime Rénov' : comment le dispositif va-t-il évoluer en 2023 ?

M.G | Reportage TF1 V. Dépret, L. Romanens
Publié le 20 septembre 2022 à 18h15, mis à jour le 20 septembre 2022 à 18h20
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Face à une crise énergétique de plus en plus importante et à une crise climatique dont les conséquences commencent à se succéder, la rénovation des bâtiments mal isolés devient une véritable necessité.
Pour favoriser la réduction des passoires thermiques, le gouvernement a déployé, depuis quelques années, le dispositif "MaPrimeRenov".
Peinant à connaître des résultats tangibles, elle va être remaniée en 2023.

Un équilibre qui tarde à être trouvé. Ma Prime Rénov' a été déployée en 2020 pour remplacer le crédit d'impôt pour la transition énergétique (CITE) et les aides de l'Agence nationale de l'Habitat (Anah). Le dispositif repose sur une aide plus ou moins importante en fonction des revenus des ménages qui y ont recours. 

Ainsi, 4 profils de contribuables ont été déterminés en fonction des ressources du foyer fiscal : bleu pour les revenus très modestes, jaune pour les revenus modestes, violet pour les revenus intermédiaires, rose pour les revenus supérieurs. Initialement très ciblé, il s'est progressivement étendu avec des objectifs de plus en plus ambitieux. 

En 2021, le gouvernement visait à rénover 80.000 passoires thermiques, avec cette aide notamment. Selon un rapport de la Cour des comptes, seuls 2500 logements ont, in fine, changé de performance énergétique. "Ce chiffre de 2500 correspondait aux logements qui ont eu la totalité de la rénovation", confirme ce mardi Olivier Klein, ministre délégué à la ville et au Logement sur LCI. "Un chiffre : c'est 1,5 million de projets qui ont été accompagnés par Ma Prime,Renov", ajoute-t-il. "La réalité, c'est que si on additionne toutes les moindres consommations depuis le début [du dispositif], on économise, par an, la consommation d'énergie de la ville de Lyon", se félicite-t-il. De quoi illustrer d'un certain succès malgré les critiques de certains observateurs. 

Augmentation du budget

Pour tenter d'obtenir des résultats encore plus probants, le gouvernement planche sur un nouvel aménagement du mécanisme. Dans un premier temps, l'idée est d'augmenter le budget alloué à la prime. Déjà passé de 2 milliards à 2,4 milliards d'euros en 2022, il devrait connaître une nouvelle hausse et atteindre 2,6 milliards d'euros en 2023. À partir de là, d'autres changements sont aussi attendus. 

Extension du nombre de personnes et bâtiments élégibles

Tout d'abord, le nombre de personnes éligibles à cette aide devrait encore être étendu. Autrement dit, la subvention - qui a bénéficié d'un coup de pouce de 1000 € en avril 2021 - pourrait concerner plus de monde. Mais pour Frédéric Utzmann, président du groupe Effy, cela restera bien insuffisant face aux 5 millions de passoires thermiques de l'Hexagone. "C'est à peu près la subvention pour 40 000 maisons aidées en moyenne. C'est très insuffisant par rapport au nombre de ménages qu'il faut aujourd'hui aider face à la crise énergétique", explique le spécialiste à TF1. 

Autre nouveauté, la prime pourrait aussi concerner les bâtiments publics, actuellement totalement exclus. "On voit dans le sous-vitrage des murs qu'ils ne sont finalement pas plus épais que le châssis des fenêtres. Cela laisse comprendre l'épaisseur des murs, qui est de 6 centimètres", souligne Lorrain Merckaert, maire de Montigny-le-Bretonneux (Yvelines) au sujet du gymnase de sa commune. Une aide est "vraiment nécessaire parce que le coût de rénovation estimé est de l'ordre de 9 millions d'euros. Il faut que l’État nous aide", insiste l'édile. Dans ce cas particulier, le bâtiment est un des plus énergivores de la ville et coûte chaque année près de 65 000 euros à la municipalité.

L'accompagnateur obligatoire

Enfin, et peut-être surtout, la supervision d’un accompagnateur Rénov’ sera nécessaire pour effectuer les demandes de Ma Prime Renov' à compter de septembre 2023. Instauré depuis le 1er janvier 2022, cet accompagnement, actuellement facultatif, va devenir obligatoire pour tous les dossiers. Il a pour objectif de "faciliter l’accès aux financements et de guider l’organisation des travaux et la réalisation des démarches", note le site Primes énergie

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Il a plusieurs missions : "la réalisation d’un audit énergétique du bâtiment à rénover" - qui prend la forme d'une analyse complète et détaillée - et l'évaluation des "travaux indispensables", l'établissement d'un "plan de financement adapté aux opérations" nécessaires et "l'aider dans le choix des professionnels qui vont intervenir sur le chantier". Le professionnel en question peut être issu de la maîtrise d’ouvrage ou être un opérateur agréé par l’État. Les collectivités locales peuvent aussi désigner un accompagnateur.


M.G | Reportage TF1 V. Dépret, L. Romanens

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