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Avec son plan "anti-sécheresse", le gouvernement veut réduire la consommation d'eau des Français

par Annick BERGER
Publié le 25 janvier 2023 à 12h47
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Face à la sécheresse historique qui a touché la France en 2022, le gouvernement élabore un plan "anti-sécheresse".
Le but : mieux anticiper ces épisodes qui vont devenir de plus en plus fréquents avec le changement climatique.
Avec deux mots d'ordre : économies et réutilisation.

Face à la menace des sécheresses à répétition, la France est dos au mur. Selon une étude du ministère de la Transition écologique publiée en juin dernier, le capital d'eau naturelle de la France a diminué de 14% entre 2002 et 2018 en France par rapport à la période 1990-2001. Une baisse des ressources particulièrement mise en lumière en 2022, avec une sécheresse historique enregistrée dans l'Hexagone. Au plus fort de l'épisode, 93 départements ont été soumis à des restrictions d’eau totales ou partielles et 700 communes ont connu des difficultés d’approvisionnement en eau potable. 

Pour éviter qu'une telle situation se répète, le gouvernement planche sur un plan anti-sécheresse. Une feuille de route que le ministre de la Transition écologique a présentée dans une interview au Parisien. Les mesures doivent acter le fait "qu'il y aura un avant et un après été 2022", a expliqué Christophe Béchu, axant son discours sur la nécessité de faire des économies et de mieux réutiliser les eaux usagées.

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Vers un "Ecowatt" de l'eau

"La nature ne nous laisse pas le choix", avance Christophe Béchu pour justifier la mise en place de ce plan national. Premier objectif du gouvernement : "Diminuer d’un peu plus de 10 % le volume d’eau prélevée dans nos sous-sols d’ici la fin du quinquennat. Soit une baisse de 4 milliards de mètres cube sur un total de 33 captés chaque année", détaille le ministre qui lance un appel à la sobriété auprès des agriculteurs, mais aussi des particuliers. "Rendez-vous compte : nous consommons 150 litres d’eau par personne et jour !", lance-t-il. 

Pour permettre de mieux contrôler ces consommations, le gouvernement travaille sur une forme d’Ecowatt de l’eau. Un outil sur lequel "on trouvera l’état des tensions dans le secteur où on se trouve. Et des conseils simples, car beaucoup de Français sont prêts à agir", selon le ministre.

Mettre fin au gaspillage

L'autre axe de développement repose sur le gaspillage de l'eau. Le gouvernement entend"résorber les points noirs" où des fuites d'eau se produisent, alors que près d'un milliard de mètres cube du précieux liquide potable est perdu chaque année en France. Pour améliorer la situation, l'exécutif annonce vouloir mieux accompagner les petites communes et responsabiliser les acteurs locaux. "On ne peut pas garder des communes qui gèrent seules la compétence eau potable. L’objectif d’installer la gestion de l’eau en intercommunalités en 2026 doit être tenu", détaille Christophe Béchu.

L'État entend également lutter contre le gaspillage des eaux usées, que la France ne réutilise que très peu : seulement 1% d'entre elles. "Seules 77 des 33.000 stations de traitement des eaux usées en France sont équipées d'un système de recyclage complet. Il faut aussi penser aussi aux eaux pluviales, aux eaux grises (eaux domestiques faiblement polluées) et faire preuve de bon sens. Aujourd’hui, un particulier ne peut pas alimenter ses toilettes avec de l’eau de pluie, il faut de l’eau potable. On peut donc imaginer que la réglementation évolue sur ce point", avance le ministre.

Changer le système de prévention

Enfin, le gouvernement souhaite modifier ses systèmes d'alerte en cas de sécheresse. Christophe Béchu reconnaît qu'il manque en France "un dispositif d'information en temps réel et une adresse précise via une appli ou un site Internet". Des outils que son ministère pourrait rapidement mettre en place puisque "ce genre d'épisodes va se reproduire", avertit-il. Par ailleurs, il souhaite prendre des mesures de restriction d'eau bien avant le début de l'été. "Elles seront moins contraignantes et plus efficaces. En juillet, on ne peut plus corriger le tir", précise-t-il, évoquant des "restrictions horaires et pas des restrictions journalières". 

Des mesures que le ministre juge indispensable face au changement climatique. "Je ne me suis pas levé un matin en me disant, ce serait bien d’obliger les Français à consommer moins d’eau. C’est la conséquence du réchauffement climatique face à laquelle tous les Français doivent s’adapter" conclut-il dans Le Parisien. Et pour cause : plusieurs départements français sont toujours touchés par la sécheresse en ce début d'année 2023, malgré l'arrivée de l'hiver.


Annick BERGER

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