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Réchauffement climatique : pourquoi Miami déracine ses palmiers

Léa Tintillier | Reportage TF1 Axel Monnier, Adrien Ponsard
Publié le 27 juin 2022 à 17h17
JT Perso

Source : JT 20h WE

La ville de Miami a entreprise de déraciner ses célèbres palmiers.
Le 20H de TF1 vous emmène sur place et vous explique.

Ils ont ce don de vous envoyer instantanément en vacances. Alors quand les palmiers s'en vont, forcément, ça surprend. "Je n'avais jamais vu un palmier de cette taille trimballé comme ça sur la route", affirme une habitante de Miami dans le reportage du 20H de TF1 en tête de cet article. Mais que font-ils avec ces palmiers vieux de 75 ans ? Ils les déplacent pour les replanter plus loin, à quelques rues de là, à Miami Beach. Un voyage qui s'avère très délicat. "C'est comme un être humain. Si vous allez chez le médecin pour une petite opération, il y a toujours un risque. C'est un organisme vivant", déclare Ralph Ferrer, architecte paysagiste. 

Mais alors, pourquoi déplacent-ils ces palmiers ? Pour le comprendre, direction un parc de la ville où il fait chaud très souvent. La région vit 150 jours par an à plus de 28 °C. Ici, les palmiers sont nombreux, mais sont trop espacés et n'offrent pas assez d'ombre. Alors, il faut soit les rapprocher les uns des autres, soit les retirer pour planter de nouveaux arbres comme des gumbo limbo ou des gaïacs, des essences locales. "Le but est d'accroître la surface couverte par les arbres dans la ville. Passer de 17% à 22%. On cherche d'abord à augmenter les espaces ombragés pour réduire l'impact de la chaleur sur la ville et on cherche aussi à séquestrer plus de carbone dans l'environnement", explique Yanira Pineda, directrice du développement durable à Miami Beach. 

Capture TF1

Avec son feuillage moins fourni, le palmier projette moins d'ombre que le gumbo limbo (infographie ci-dessus). Aussi, il capture moins de CO2, car la photosynthèse se fait moins bien sur une plus petite surface de feuilles. Ensuite, avec ses racines moins étendues, le palmier capte moins d'eau dans le sol et il en restitue moins dans l'air. Sans compter les fortes pluies mieux absorbées par les autres arbres. Bref, le palmier n'est pas le mieux adapté pour lutter contre le changement climatique, alors que le gumbo limbo pourrait faire baisser à lui seul un peu la température. 

Sensibiliser la population

La Floride compte pas moins de 2500 essences de palmiers. Rien qu'à Miami Beach, il y a plus de 50.000 de ces arbres emblématiques. Vont-ils tous disparaître pour autant ? Pas forcément. Les autorités ne vont pas abattre tous ceux qui existent déjà, mais elles n'en planteront pas de nouveaux. 

Mais tout ça, il faut le faire comprendre aux habitants de Floride. Alors de nombreuses municipalités distribuent des plants d'arbres et ce, gratuitement. La ville de Miami en donnera 20.000 à la population et parmi eux, zéro palmier. Des agents font aussi de la pédagogie, destinée en priorité aux personnes les moins aisées. Car les zones ombragées y sont beaucoup moins nombreuses et la population souffre plus des périodes de canicules. "Je me protège comme je peux. Touchez comme c'est chaud", sourit un habitant. 

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Sensibiliser la population, c'est le travail de Jane Gilbert, première au monde à avoir occupé le poste de directrice chaleur dans une mairie. Elle doit trouver des solutions aux périodes de plus en plus fréquentes de fortes chaleurs. "80% des terres ici sont privées. Les gens doivent donc comprendre non seulement les avantages des arbres, ils nous rafraîchissent, absorbent les eaux des orages, séquestrent le carbone mais ils doivent aussi savoir quels arbres s'adapteront le mieux à notre environnement tropical", explique-t-elle. 

Pour qu'ils n'aient pas un impact négatif sur l'environnement, les palmiers ne doivent pas représenter plus d'un arbre sur quatre dans la région. La Floride ne perdra donc pas son symbole, mais elle verra d'autres arbres faire plus d'ombre à son mythique palmier. 


Léa Tintillier | Reportage TF1 Axel Monnier, Adrien Ponsard

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