En ce mois de juillet, la région méditerranéenne est frappée par une importante vague de chaleur et des incendies dramatiques.
La région est classée depuis longtemps comme un "point chaud" du changement climatique.
Les vagues de chaleur devraient ainsi se multiplier à l'avenir dans ce bassin.

Va-t-il falloir rajouter des graduations sur nos thermomètres ? Depuis deux semaines, les températures s'envolent autour du bassin méditerranéen : 45 degrés en Italie et en Espagne, 48 degrés en Algérie, 49 degrés en Tunisie. De mémoire de météorologue, ces relevés sont sans précédent. Et la situation est d'autant plus inquiétante qu'avec ces fortes chaleurs, les incendies se multiplient. Des événements de plus en plus fréquents et qui vont gagner en intensité dans les années à venir en raison du changement climatique dû aux activités humaines. 

"On sait que le changement climatique vient amplifier les événements extrêmes. Pour ce qui est des vagues de chaleur, on sait qu'elles vont être plus fréquentes et qu'elles vont être plus intenses", explique dans le reportage du 20H de TF1 en tête de cet article Françoise Vimeux, climatologue et directrice de recherche à l'Institut de recherche pour le développement. Un constat partagé par le climatologue au CNRS Christophe Cassou. Sur Twitter, il pointe que "nous vivons la superposition" du changement climatique avec "les fluctuations spontanées du climat, que l'on appelle variabilité interne"

Des phénomènes "dopés" par l'activité humaine

Les chaleurs actuelles sont dues à l'air chaud qui remonte du Sahara qui est bloqué sur la Méditerranée par un anticyclone. Si ces "dômes de chaleur" ne sont pas créés par l'influence humaine, ils "sont dopés" par nos émissions de gaz à effet de serre qui "en rend(ent) les effets plus intenses", assure Christophe Cassou qui détaille : "L'état de base étant plus chaud, les seuils de canicule sont dès lors franchis plus fréquemment, mais aussi plus tôt, ce qui accroît de facto la durée des épisodes caniculaires et qui permet jour après jour une plus grande accumulation de chaleur, ouvrant ainsi la porte aux records".

Des zones de forte chaleur qui favorisent les départs de feux, d'autant que l'Italie, l'Espagne, la Grèce, l'Algérie ou encore le sud de la France sont touchées par la sécheresse, qui facilite, elle aussi, le déclenchement des incendies. Et aucun doute pour les climatologues, tout ceci porte la marque du changement climatique. Sans lui, "on n'aurait pas eu ces épisodes-là avec la périodicité que l'on connaît et que l'on va connaître à l'avenir, et surtout pas avec la même intensité que l'on connaît et que l'on va connaître à l'avenir", affirme Yamina Sahed, docteur en ingénierie énergétique. 

Des canicules qui touchent également la mer. Lundi 24 juillet, la Méditerranée a battu son record de chaleur avec une eau mesurée à 28,7°C. Une "canicule marine", là aussi, amplifiée par le changement climatique alors que les océans du globe battent, depuis des semaines, des records de température. Selon le rapport spécial du Giec sur l'océan et la cryosphère, entre 2006 et 2016, plus de huit épisodes de canicule marine sur dix peuvent être attribués au changement climatique dû aux activités humaines. Selon une étude du CNRS, en Méditerranée, avec un réchauffement de +5°C - pire scénario envisagé par les scientifiques - les canicules marines seront quatre mois plus longues et quatre fois plus intenses, la mer se réchauffant à un taux 20% plus rapide que la moyenne mondiale. 

La Méditerranée n'est pas la seule région touchée par le changement climatique. Dans tout l'hémisphère nord, les thermomètres battent des records. La Chine a ainsi enregistré un 52 degrés record, quand la Californie a atteint les 53 degrés. Ce mois de juillet 2023 pourrait ainsi probablement être le plus chaud jamais enregistré dans l'histoire de la planète.


La rédaction de TF1info TF1 | Reportage Christine Chapel et Armelle Hanout

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