Initiatives environnementales

VIDÉO - Photovoltaïques : que deviennent nos anciens panneaux solaires ?

par L.T. | Reportage TF1 : Tiphaine Leproux, Marie Simon-Le Gall, Christophe Buisine, Alix Ponsar
Publié le 2 mars 2023 à 12h18
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Aujourd’hui, 72 millions de panneaux photovoltaïques sont reliés au réseau électrique.
Mais ils ont une durée de vie moyenne de 30 ans.
Que deviennent-ils ensuite ?

Les panneaux photovoltaïques recouvrent les toits des maisons, des supermarchés, s’érigent en plein cœur des champs et même des élevages. En 15 ans, la France s’est équipée de dizaines de millions de panneaux solaires. De nouveaux paysages mais aussi de nouveaux déchets. 

Sur le toit d’un particulier rencontré par les équipes du 20H de TF1 (voir la vidéo en tête de cet article), douze panneaux photovoltaïques de première génération avaient été installés. Ils étaient garantis 25 ans mais l’un d’eux a été endommagé par les intempéries et c’est tout le parc qu’il faut changer pour des panneaux plus récents et plus performants. "Ce sont des panneaux qui ont une douzaine d’années, donc ce sont des panneaux qui font 195 watts et aujourd’hui, des panneaux comme ça, ils font plutôt autour des 300, 400, voire 500 watts. Ça part directement en recyclage", explique Damien Lelièvre, directeur technique national de Nouvel’R énergie. 

600.000 panneaux démontés cette année

Ils sont transportés jusqu’à un point de collecte. Il y en a des centaines partout en France, gérés par un organisme agréé. "Si vous avez un panneau en fin de vie, que vous soyez particulier ou professionnel, vous l’amenez sur un point d’apport volontaire et si effectivement, vous avez plus de 40 panneaux photovoltaïques, là, vous pouvez directement nous contacter et on enverra un camion chez vous. Le tout sans frais", affirme Nicolas Defrenne, directeur général de Soren. 

Mais vous devez tout de même payer le démontage. Rien que cette année, 600.000 panneaux vont être démontés. Cela peut paraître beaucoup mais ce n’est rien comparé à la vague que nous attendons d’ici à 2040, avec près de sept millions de panneaux en fin de vie. Alors, qu’est-ce qu’on en fait ? Jusqu’ici, la majorité des matériaux de nos panneaux photovoltaïques étaient broyés puis incorporés au bitume de nos routes, ce qui n’est pas le plus idéal en termes de valorisation, mais c’est en train de changer. 

Une entreprise française pionnière

Depuis quelques mois, une entreprise dans le monde est capable de réemployer les matériaux des panneaux et elle se trouve à Saint-Loubès (Gironde), petite commune de 9000 habitants, près de Bordeaux. Frédéric Seguin a travaillé trois ans d’arrache-pied, investi deux millions d’euros dont la moitié dans une machine unique. "C’est la seule machine qui aujourd’hui n’utilise pas le système de broyage. Elle vient avec une lame chaude à 300 degrés séparer la plaque en verre de toutes les sous-couches qui fabriquent l’électricité", détaille le directeur d’Envie 2E Aquitaine. 

À la sortie, les plaques de verre sont intactes. En refaire des panneaux photovoltaïques est pour l’instant techniquement impossible mais on peut quand même les réutiliser. "On est capables de sortir du verre qui rentre dans le cahier des charges des verriers. Là, derrière moi, il y a 30 tonnes qui sont prêtes pour partir chez un grand verrier français. On refait des fenêtres, des portes vitrées, des abribus, des vérandas", montre Frédéric Seguin. Seul bémol, il n’est pour le moment pas capable de valoriser les panneaux dont le verre est cassé. Ceux-là sont encore broyés. Cette année, il prévoit tout de même de recycler 50.000 plaques de verre. 

Les métaux valorisés

Et le reste alors ? Que fait-on des tapis de cellules photovoltaïques ? Dans un panneau, c’est de loin ce qui rapporte le plus. Ça n’a pas échappé à l’entreprise Rosi à Saint-Honoré (Isère), près de Grenoble. Elle vient de mettre au point une technique pour valoriser tous les métaux à l’intérieur. "Il y a du silicium, il y a des petits fils d’argent pour récupérer le courant et il y a des rubans en cuivre qui connectent les cellules entre elles", indique Antoine Chalaux, cofondateur de l’entreprise. 

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Séparés, cela donne des copeaux de silicium, des rubans de cuivre et des paillettes d’argent. Tous sont réemployables pour fabriquer par exemple des équipements électriques, des moteurs de voiture et des semi-conducteurs. 

Un four à pyrolyse chauffe à très haute température les cellules du panneau pour récupérer uniquement les métaux sans les faire fondre. Ils sont ensuite traités chimiquement, tamisés, procédé unique au monde et il tombe à point nommé. "Toutes les filières de la transition ont besoin de matériaux. Le silicium est une matière qui est relativement abondante mais les besoins vont exploser. L’argent est également une matière qui est précieuse pour l’industrie. Être capable de recycler et d’optimiser la consommation de ces matières critiques, c’est absolument fondamental", affirme Guy Chichignoud, cofondateur de l’entreprise. 

À la fin de l’année, ils auront déjà récupéré des centaines de tonnes de ces métaux. La filière n’en est qu’à ses débuts mais elle a ainsi les moyens de valoriser 94% des composants de nos panneaux photovoltaïques. L’ambition d’ici à 2030 est d’en recycler 500.000 par an.  


L.T. | Reportage TF1 : Tiphaine Leproux, Marie Simon-Le Gall, Christophe Buisine, Alix Ponsar

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