REPORTAGE - L'Alaska face au réchauffement climatique : quand les glaciers fondent à une vitesse inquiétante

par M.D. | Reportage : Yann Hovine et Romain Reverdy
Publié le 12 avril 2024 à 14h25, mis à jour le 12 avril 2024 à 14h45

Source : JT 20h Semaine

En Alaska, le réchauffement climatique est deux fois plus rapide qu'ailleurs dans le monde.
Les 25.000 glaciers répertoriés fondent à une vitesse stupéfiante, tandis que la forêt boréale est fragilisée par les incendies qui se multiplient.
Une équipe de reportage de TF1 s'est rendue sur place.

C’est l'un des endroits les plus froids de la planète. Pourtant, il se réchauffe deux fois plus vite que le reste du monde. Dans cet État américain grand comme trois fois la France, peuplé de 650.000 habitants, les effets du changement climatique se voient à l’œil nu. Avec la hausse des températures, les glaciers fondent à une vitesse stupéfiante, tandis la forêt boréale est fragilisée par les incendies qui se multiplient. Une situation qui inquiète les scientifiques. 

Au total, 25.000 glaciers recouvrent le territoire de l’Alaska, une source de recherche immense pour Victor Devaux-Chupin et Grégoire Guillet, deux glaciologues français interrogés dans la vidéo qui accompagne cet article. "Le grand marqueur du réchauffement climatique qu’on voit sur les glaciers, c’est le fait qu’ils reculent de plus en plus loin dans la vallée. Ça, on le voit partout", expliquent, au micro de TF1, les deux chercheurs.

Le Dr Regine Hock, glaciologue à l'Université de l'Alaska de Fairbanks, n’est pas optimiste. "D'ici à la fin du siècle, on estime qu’entre 30% et 50% du volume de glace sera perdu en Alaska. Tout dépend du nombre d’émissions de gaz à effet de serre et de la hausse des températures", indique cette spécialiste. Les scientifiques scrutent aussi attentivement la fonte du sol souterrain gelé, ce qu’on appelle le permafrost.

Le permafrost, bombe à retardement pour le climat

En Alaska, où il est présent sous 85% du territoire, routes et maisons s’affaissent sous l'effet des mouvements du sol qui se réchauffe. "Là où il y avait dans le sol de la glace qui avait un rôle structurant, il y a du vide. Et ce vide, à un moment donné, est tellement important que le sol s’effondre", explique Hélène Genet, professeur en écologie en milieu arctique, dans la vidéo.

Mais c’est un autre danger qui préoccupe les scientifiques, une bombe à retardement. 

Lorsque le permafrost fond, cela produit des émissions de dioxyde de carbone et de méthane, des gaz à effets de serre qui à leur tour accélèrent le réchauffement climatique. Un redoutable cercle vicieux. "Avec un scénario de réchauffement climatique assez élevé, on se rend compte qu’à la fin XXIe siècle, ce permafrost a quasi disparu de la plupart de l’Alaska", reprend Hélène Genet.

La forêt boréale, qui couvre 35% du territoire l'Alaska, est aussi en danger, fragilisée par les incendies qui se multiplient. Sans compter la multiplication des épidémies d'insectes favorisées par la hausse des températures. "Si l’été n’était pas aussi chaud, ils ne se reproduiraient pas autant. C’est bien le changement climatique qui donne autant d’ampleur à cette épidémie", déclare Sarah Stehn, botaniste au parc national de Denali, dans la vidéo. Vitale pour l'avenir de la planète, sa disparition serait dramatique.


M.D. | Reportage : Yann Hovine et Romain Reverdy

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