L’un des nombreux risques qu'implique le dérèglement climatique concerne directement les flamants roses.
L'oiseau le plus gracieux des grandes étendues humides au sud de la France est menacé par la montée des eaux.
Toutes les explications dans ce reportage du JT de TF1 en Camargue.

Depuis des temps immémoriaux, le flamant rose cache ses œufs dans des nids de boue séchée pour les protéger de la montée des eaux. Cela pourrait bientôt ne plus suffire. Une vaste étude publiée le 17 mai dans la revue scientifique Conservation Biology, basée sur les différents scénarios du Giec, le groupe d'experts climatiques mandatés par l'ONU, démontre qu’entre un tiers et la moitié des habitats des 145 espèces d’oiseaux vivant dans les estuaires et les marais, dont le flamant rose, risquent d'être inondés d’ici à 2100, sous l’effet de la montée du niveau de la mer. Ce qui menace directement leur survie. "Je pleure s’il n’y en a plus, c’est un symbole de la région", réagit une Camarguaise dans le reportage du JT de TF1 à voir en tête de cet article.

Dans ces étangs en bord de Méditerranée, comme dans plus de 320 zones humides côtières françaises, l’eau pourrait monter, selon le degré d’optimisme des prévisions, de 40 centimètres à 1,60 mètre avant la fin du siècle. De quoi submerger les dunes qui protègent l’habitat naturel de ces grâcieux volatiles. "On a vu depuis un moment le littoral se transformer, témoigne une autre riveraine. Certaines routes n’existent plus parce qu’elles ont été recouvertes. Ça paraît inéluctable."

Même si les flamants roses vivent les pattes dans l'eau, leur lieu de vie est bien différent de la mer. Car si cette dernière venait à déborder, le taux de sel modifierait considérablement l'écosystème. "En fait, les flamants fouillent dans la vase et filtrent le plancton pour le manger. Il y a une fourchette de salinité et de température de l’eau qui leur permet de se développer. Et comme tous ces étangs un peu particuliers, nécessaires à leur alimentation, pourraient disparaître, ils vont devoir trouver d’autres endroits", explique, au micro de TF1, Laura Paris, chargée d’étude biodiversité à la Ligue de protection des oiseaux d’Occitanie.

Problème : ces oiseaux ne disposent pas d’habitat alternatif. Et outre l’alimentation, se pose la question de leur reproduction. Comme à Aigues-Mortes (Gard), toujours en Camargue, où plus de 4.000 flamants roses naissent chaque année. "Il y a un enjeu, puisque c’est la seule colonie nicheuse en France, ajoute Laura Paris. Le jour où cet îlot est sous l’eau, les flamants ne pourront plus y accéder et, clairement, ils n’y retourneront pas."

Plus que jamais, il s’agit donc de protéger les zones humides. "Il faut trouver des stratégies d’adaptation au changement climatique qui permettent de garantir que ces habitats vont survivre dans le temps. On peut par exemple les restaurer en recréant un cordon dunaire qui ralentirait le recul du trait de côte", indique Thomas Galewski, co-auteur de l’étude. Autre piste : anticiper le glissement dans l'espace de ladite zone en lui laissant plus de place qu’elle n’en occupe actuellement, tout en empêchant les extensions urbaines ou agricoles, afin de retrouver un espace équivalent plus à l’intérieur des terres.


Hamza HIZZIR | Reportage TF1 Alice Bacot, Lucas Garcia

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