"La falaise s'est écroulée sous la véranda" : dans la Manche, une maison suspendue au-dessus du vide

par La rédaction de TF1info | Reportage Julie Jeunemaitre, Aurélie Janssens, Lucas Barbier
Publié le 4 avril 2024 à 17h12, mis à jour le 4 avril 2024 à 20h54

Source : JT 13h Semaine

En France, de nombreux logements sont menacés par l'érosion et le recul du trait de côte.
Pour une maison située sur falaise de La Hague, dans la Manche, dont une équipe de TF1 a rencontré les propriétaires, c'est déjà trop tard.

Leur maison est désormais suspendue 26 mètres au-dessus du vide. "La falaise s'est écroulée ici et sous la véranda, de façon très importante, au point d'avoir perdu entre 5 et 10 mètres de terrain", explique Philippe, propriétaire avec sa sœur Françoise de ce lieu de vacances à La Hague avec sa sœur Françoise, depuis le jardin qui surplombe la mer. Personne n'était dans la maison au moment de l'éboulement, début mars. 

Tous deux tentent aujourd'hui de sauver quelques souvenirs, alors que face au danger, la maison a été condamnée par un arrêté municipal. C'est "impressionnant et insécurisant bien sûr, confie Françoise. On longe les murs quand on passe dans la véranda. Ce n'est pas une surprise, mais quand même, quand ça arrive, on se frotte les yeux pour y croire...

"Je ferme, et là, c'est la fin", lâche Philippe au moment de repartir. En 70 ans, la famille a vu le trait de côte reculer. En cause, les attaques de la mer au pied de la falaise, touchée aussi par des pluies abondantes ces derniers mois.

Dans les stations de sport d'hiver, on dégage la neige. Nous, on dégage les galets
Philippe Ronarc'h, maire DVG de Pouldreuzic, dans le Finistère

En France, selon une étude datant de 2019 du Centre d'études et d'expertise sur les risques, la mobilité et l'aménagement (Cerema), qui s'apprête à publier de nouvelles projections encore plus alarmantes, 42.000 logements seraient exposés à l'érosion côtière d'ici à 2100. En Bretagne, toujours selon ces chiffres de 2019, ils sont au moins 4.600 à être menacés. 

C'est le cas à Pouldreuzic, dans le Finistère, où se poursuit le reportage du JT de TF1 à retrouver en tête de cet article. "Ici, c'est vrai qu'on voit comment la marée a attaqué le chemin, nous montre son maire, Philippe Ronarc'h, sur le bord de mer. C'est un endroit où il y a les chocs des marées et où la roche est friable.  Depuis une décennie que je suis élu, on n'a jamais été dans une situation aussi compliquée que cet hiver".  

La route qui longe la mer est la première à subir ce phénomène : 1,50 mètre a été grignoté en quelques mois. "Chaque grande marée, la route est submergée par la mer et par le cordon de galets, poursuit l'élu. Le département dégage la route comme en hiver dans les stations de sport d'hiver où on dégage la neige. Nous, on dégage les galets". D'ici à cinq ans, la route sera définitivement fermée. 

Impuissants face aux éléments, les élus de cette commune de 2000 habitants travaillent sur des solutions de repli. "Comment voulez-vous qu'on lutte contre ça ?, interroge Nelly Vivien, adjointe aux Finances et à la Culture à la mairie de Pouldreuzic. On travaille à relocaliser certaines habitations, on a créé une réserve foncière pour permettre aux personnes qui pouvaient être touchées de pouvoir s'abriter un peu plus loin sur la côte". Ici, cinq habitations et un restaurant sont directement menacés sur les 30 prochaines années.


La rédaction de TF1info | Reportage Julie Jeunemaitre, Aurélie Janssens, Lucas Barbier

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