Loire-Atlantique : menacé par la montée des eaux, un Ehpad contraint de déménager

par T.A. | Reportage TF1 : Pierre CORRIEU, Vincent PIERRON et Karine BETUN
Publié le 23 avril 2024 à 8h15, mis à jour le 23 avril 2024 à 18h15

Source : JT 20h Semaine

Avec l'érosion du littoral, 450.000 logements pourraient devenir inhabitables en France d'ici à la fin du siècle.
Pour la première fois, en Loire-Atlantique, un établissement accueillant des personnes dépendantes va devoir déménager pour cette raison.
Une équipe de TF1 s'est rendue sur place.

C'est une petite ville dans la ville, au bord de l'eau. Ici, à Saint-Brévin-les-Pins (Loire-Atlantique), une résidence accueille des personnes âgées, des adultes et des enfants en situation de handicap. Ce lieu, construit il y a 150 ans, est menacé par la montée des eaux. "Le changement climatique, il est là, il est irréversible et il s'accélère", souligne Ombeline Accarion, vice-présidente (écologiste) du département et en charge du handicap, dans le reportage du 20H de TF1 ci-dessus. Au total, 500 personnes vont devoir déménager.

Des risques de submersion qui s'aggravent

La directrice de ces établissements, Véronique Dupré, a été confrontée deux fois ces derniers mois à une menace de submersion marine. "Ce bâtiment a été inondé à deux reprises, montre-t-elle. On avait plus de sécurité incendie, plus d'électricité, de chauffage…" À l'intérieur de ce bâtiment ancien, 20 résidents, parfois avec des handicaps lourds, ont dû être évacués en urgence. Pour la responsable, chaque tempête est source d'angoisse. "Lorsqu'on sait que le département est en vigilance orange pour le risque de submersion, on n'est pas serein du tout", confirme-t-elle. 

Leur seul bouclier aujourd'hui ? Une digue, qui vient d'être rehaussée de 15 centimètres. Mais pourra-t-elle protéger éternellement ce lieu des assauts de l'océan ? "On sait déjà que dans quelques années, ce ne sera pas assez, balaie Ombelline Accarion. La tempête du siècle, tous les cinq ans, il y en a une nouvelle. Là, j'espère qu'on a au moins gagné dix ans." Pour les autorités, il n'est pas question de prendre le moindre risque. Le grand déménagement a donc déjà commencé. Une centaine de personnes de cet Ehpad a été déjà relogée à quelques kilomètres, loin de la côte, dans un établissement tout neuf.

"À moins d'un tsunami..."

Véronique Doré pourrait en quelque sorte être considérée comme l'une des premières déplacées climatiques de Loire-Atlantique. "Ici, la mer est loin, elle ne pourra jamais arriver, à moins d'un tsunami !", plaisante-t-elle. Les autres résidents seront progressivement relogés sur trois sites. Mais certains d'entre eux, ainsi que leurs familles, s'y opposent. "Moi, je suis bien ici, c'est ma maison", lance ainsi Aurélien. "Je n'ai pas envie de partir, de quitter cet endroit magnifique", poursuit Romain. 

Les syndicats du personnel se sont aussi positionnés contre ce projet, estimé à 100 millions d'euros. Selon eux, cet argent pourrait être utilisé autrement, par exemple pour rénover les bâtiments les plus éloignés du littoral, les moins soumis au risque d'inondations.


T.A. | Reportage TF1 : Pierre CORRIEU, Vincent PIERRON et Karine BETUN

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