VIDÉO - Marseille : un drone "renifleur" pour contrôler la pollution des paquebots

par M.D. | Reportage TF1 Paul Géli, Philippe Fontalba
Publié le 15 février 2023 à 14h29

Source : JT 20h Semaine

Les paquebots rejettent en continu des gaz nocifs comme le dioxyde de soufre.
À Marseille, depuis peu, les compagnies sont scrutées de près par un drone renifleur.
Une équipe du 20H de TF1 s’est rendue dans la cité phocéenne pour en savoir plus.

Un drone "renifleur" pour traquer les bateaux de croisière qui polluent trop. Chaque jour, plusieurs dizaines de paquebots, transportant à leur bord des milliers de touristes, entrent dans le port de Marseille. S’ils font le bonheur des croisiéristes, ces monstres des mers sont devenus la bête noire des habitants de la cité phocéenne. En cause, la présence de gaz nocifs, notamment du dioxyde de soufre, dans la fumée qui s’échappe en continu de leur cheminée, y compris lorsqu’ils sont à quai.

Face au mécontentement des riverains qui suffoquent, la ville de Marseille a décidé de se saisir du problème. La cité phocéenne mène actuellement une expérimentation avec un drone qui contrôle en temps réel les émissions des navires entrant dans son port. Pilotée par l'Agence européenne pour la sécurité maritime, l’initiative est menée à titre expérimental et pour une durée de trois mois (une expérience similaire a eu lieu dans le détroit du Pas-de-Calais, en 2020). Pour l'instant, l’aéronef utilisé pour mener à bien ces patrouilles est piloté par des agents grecs.

Muni de ses jumelles, Nick Nikou, l’un des pilotes de ce drone, scrute l’horizon. Dans sa ligne de mire ce matin-là, un gigantesque paquebot de croisière, d’où s’échappent des volutes de fumée blanche. "Le panache de fumée est plutôt faible, mais je pense qu'on va pouvoir le contrôler", lance-t-il devant la caméra de TF1. Les gaz les plus nocifs n’étant pas toujours visibles, le drone utilise une caméra thermique, en plus de ses capteurs qui font office de "nez". Une fois positionné au-dessus du navire, quelques minutes lui suffisent pour le contrôler. 

Les images et toutes les données captées par l'engin sont ensuite analysées méticuleusement à la Direction Interrégionale de la Mer (Dirm). Un chiffre intéresse particulièrement les inspecteurs, le taux de soufre. "Il consomme un combustible qui est soufré cinq fois moins que la limite règlementaire. Donc, le navire est bien conforme", constate, au micro de TF1, l'inspecteur Ronan Plu. Si ce drone facilite grandement les contrôles, cette mesure n'est pas suffisante pour confirmer une infraction. En cas de doute, les agents effectuent une visite à bord.

Objectif, prélever du carburant en salle des machines. "C’est du gasoil qui est consommé par la chaudière de mouillage, à quai", précise Ronan Plu, qui réalise le contrôle directement sur place avec son équipe, à l'aide d'un petit laboratoire d’analyse "Théoriquement, il doit être inférieur à 0,1%. Là, on a une valeur de 0,097% de soufre (…) On est juste à la limite", constate l'inspecteur. Grâce à ces contrôles, la très grande majorité des navires est aujourd’hui conforme à la règlementation sur le soufre.

En revanche, aucune loi ne limite pour l'instant les émissions de particules fines ou d’oxyde d’azote. Ces dernières sont pourtant connues pour être toute aussi nocives pour la santé humaine.


M.D. | Reportage TF1 Paul Géli, Philippe Fontalba

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