Polluants éternels : une proposition de loi met en ébullition le fabricant d'articles de cuisine SEB

par V. F | Reportage TF1 : Christine Chapel, Gwénael Windrestin et Octavie Couchard
Publié le 3 avril 2024 à 17h25, mis à jour le 3 avril 2024 à 23h44

Source : JT 13h Semaine

Une proposition de loi contre les PFAS ou polluants éternels est débattue ce jeudi devant l'Assemblée nationale.
Elle suscite une vive réaction notamment du groupe SEB, qui utilise des substances contestées dans certains de ses produits pour les rendre anti-adhérents.
Les syndicats et les salariés ont commencé à manifester ce mercredi devant le Palais Bourbon, avec le soutien de leur direction.

Son revêtement antiadhésif a été l'atout des poêles Tefal pendant des décennies. Et pour cause, "ça n'accroche pas", souligne une ménagère dans la vidéo de TF1 ci-dessus. Mais certains de ses composants, appelés PFAS, posent aujourd'hui problème. Ils ont été classés comme polluants éternels et déclarés dangereux pour la santé. Ce n'est pas tant l'utilisation de la poêle qui pollue le plus, c'est sa fabrication. 

Aucun danger pour nos salariés et donc pour le consommateur.
Thierry de la Tour d'Artaise, PDG du groupe SEB

Pour s'en rendre compte, direction Rumilly (Haute-Savoie), principal site de production des célèbres ustensiles du groupe SEB. Ici des PFAS ont déjà été retrouvés dans les nappes phréatiques. C'est pour cela que le député EELV de Gironde, Nicolas Thierry, propose d'interdire, à compter du 1ᵉʳ janvier 2026, "la fabrication, l’importation, l’exportation et la mise sur le marché à titre onéreux ou gratuit" de tout ustensile de cuisine, fart pour les skis ou produit textile contenant ces molécules de synthèse. "Ça émet beaucoup de polluants éternels et par ailleurs, ces ustensiles de cuisine en fin de vie disséminent beaucoup de polluants dans l'environnement. C'est pour ça d'ailleurs que les scientifiques disent qu'il faut absolument les interdire", affirme-t-il. 

Mais le PDG du groupe SEB n'est pas d'accord. Il y a plusieurs types de composants, et selon lui, ceux utilisés par sa marque ne sont pas dangereux. "Nous avons toutes les études de santé de tous nos salariés depuis des années et des années qui ont toujours démontré qu'il n'y avait aucun danger pour nos salariés et donc pour le consommateur", explique Thierry de la Tour d'Artaise. D'autant qu'à Rumilly, le problème n'est pas que de santé publique, il est aussi économique. Tefal représente en effet 1 500 emplois directs, sans compter tous les commerces, les écoles et les associations qui ne vivent que par cette usine. Si elle ferme, c'est toute la région qui est en danger. "Si Tefal ferme, Romilly, c'est mort", assure une salariée.

C'est pour cette raison que ce mercredi après-midi, salariés, syndicats et direction du groupe sont venus à Paris manifester devant l'Assemblée nationale, où le projet de loi sera débattu ce jeudi, pour que les ustensiles de cuisine soient exclus de ce texte contre les polluants éternels. Aux parlementaires de trancher, sachant que cette proposition de loi suscite également "la réserve" du gouvernement, qui préfère l'approche européenne de ce sujet, "basée sur la science". 


V. F | Reportage TF1 : Christine Chapel, Gwénael Windrestin et Octavie Couchard

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