VIDÉO - Sécheresse : les gérants de stations de lavage s'inquiètent (et s'adaptent)

par La rédaction de TF1info | Reportage Manon Debut, Chloé Ebrel, Nicolas Hesse
Publié le 16 mars 2023 à 12h08, mis à jour le 16 mars 2023 à 12h35

Source : JT 20h Semaine

Le niveau des nappes phréatiques est à un niveau inquiétant en France, et dans les départements déjà en alerte sécheresse, il est interdit de laver sa voiture.
Les gérants de station de lavage craignent de devoir revivre les nombreuses fermetures de l'été dernier.
Mais certains se sont déjà adaptés.

Les rouleaux de cette station de lavage bretonne nettoient plus de 70 voitures par jour. À chaque fois, plus de 200 litres d'eau sont consommés, l'équivalent d'une baignoire pleine. Avec la sécheresse des dernières semaines, Pierre Nélias, gérant de BZH Lavage à Plonéour-Lanvern, dans le Finistère, craint les restrictions et une fermeture de sa station, une fois de plus. "C'est quelque chose qui nous inquiète, qu'on a connu l'année dernière. Et malgré le petit crachin, on espère y échapper cette année. Il y a du personnel à payer, et si on est bloqué à nouveau, ce ne sera pas possible", explique-t-il. En deux mois de fermeture, il a perdu près de 20% de son chiffre d'affaires l'an dernier. 

Pour ne pas revivre ce cauchemar, il vient d'investir 50.000 euros dans un système de recyclage. "On espère, maintenant qu'on a fait l'effort financier, pouvoir ouvrir la station pendant les périodes de sécheresse", souffle-t-il. Seules les stations munies de dispositifs adaptés peuvent en effet rester ouvertes lors d'un épisode de sécheresse. Mais seules 2% d'entre elles sont équipées. Résultat, à l'été 2022, près de 90% des 12.000 points de lavage français ont été fermés pendant plusieurs semaines au moins, selon leur organisation, Mobilians.

Les premières à souffrir d'une nouvelle fermeture seraient les automobilistes. "Si le véhicule commence à rouiller, moi, le garage ça va être hors de prix", lâche un automobiliste interrogé par TF1 dans le reportage en tête de cet article. Un autre enchaîne : "Je pourrais le faire à la maison, mais c'est plus facile de venir en station". Et c'est bien le problème, car nettoyer sa voiture chez soi consomme deux à cinq fois plus d'eau que dans une station. 

Certains ont donc trouvé des solutions pour consommer moins. Guillaume Bottet, gérant de la station Lavage de l'Ouest à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), a installé une mini-station d'épuration qui permet de récupérer 60% d'eau. "L'eau qui tombe sous votre véhicule est récupérée et transférée dans ces bacs, on enlève les matériaux lourds, on la retraite, et après elle est réinjectée pour laver les véhicules suivants", nous montre-t-il.

Une technique encore plus efficace est de ne plus du tout laver à l'eau, comme on le fait chez Euraclean Auto à Lille (Nord). Le nettoyage se fait à la main ; un premier passage pour appliquer un produit, un second pour le retirer. "Comme on n'utilise pas d'eau, on est opérationnels tout le temps. Quand il y a des périodes de restriction, on travaille même trois plus", assure Ahmed Sid, le gérant. Une méthode bien plus écologique, mais deux fois plus chère. Comptez une trentaine d'euros le lavage extérieur, contre seize en station.


La rédaction de TF1info | Reportage Manon Debut, Chloé Ebrel, Nicolas Hesse

Tout
TF1 Info