Pourra-t-on naviguer normalement sur le canal du Midi cet été ?
Une équipe de TF1 a pris la température sur place, où des mesures anti-sécheresse sont déjà prises.

Devant les bateaux en pleine navigation, la vie sur le canal semble avoir repris son cours. Pourtant, la question commence à sérieusement se poser : et si, demain, il n'y avait plus suffisamment d'eau pour naviguer ici ? "C'est quelque chose qu'il faut préserver absolument. C'est un cadre unique", lance dans le reportage de TF1 ci-dessus Nicolas, en tenant la barre du bateau qu'il a loué avec sa famille

Bruno Defert, loueur, vient de reprendre son activité sur le canal. Il n'a pas d'inquiétude en ce début de saison. C'est la fin de l'été qui pourrait poser problème selon lui : "Est-ce qu'il y aura assez d'eau pour aller à fin octobre ? Aujourd'hui, personne ne sait le dire. Pour l'instant, les réserves ne sont pas complètement reconstituées, mais ce n'est pas non plus un drame", juge-t-il.  Ce qui inquiète, c'est le faible niveau des lacs qui font office de réservoir pour le canal, comme celui de Saint-Ferréol, dans le sud de la Haute-Garonne. "Je ne sais pas où on va là... Il ne pleut pas du tout, ou presque pas. Il n'y aura pas assez d'eau...", désespère un riverain. 

Conséquence des sécheresses de l'été et de l'hiver dernier, le lac est aujourd’hui rempli à 78%, contre 90% habituellement à cette période. Une situation inédite qui a poussé le gestionnaire du canal du Midi à en limiter l'écoulement de l'eau. Il faut "injecter les bons débits, nécessaires et à la fois suffisants, pour arriver à tenir une ligne d'eau", résume Henri Bouyssès, directeur territorial Sud-Ouest de Voies navigables de France.

Autre mesure mise en place cette année : la navigation a été retardée. Et pour limiter la perte d'eau à chaque ouverture d'écluse, plus de passage de bateau seul. Les plaisanciers doivent désormais passer en groupe. En revanche, aucune obligation n'a pour l'instant été imposée aux agriculteurs qui puisent l'eau dans le canal. Même si certains ont commencé à adapter leur consommation, à l'image de cette co-gérante d'exploitation dans l'Aude : "On réduit une partie de notre surface irrigable, donc il va y avoir des conséquences sur notre chiffre d'affaires". Aujourd'hui, plus de la moitié de l'eau du canal est réservée aux agriculteurs, qui comme les autres usagers, en revendiquent la propriété.


La rédaction de TF1info | Reportage vidéo Stacy Petit, Perrine Mislanghe

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