Depuis 2016, nos supermarchés n'ont plus le droit de distribuer des sacs en plastique à usage unique.
Ils ont depuis été remplacés par des sacs dits "biodégradables", en amidon de pomme de terre ou de maïs.
Mais des volontaires ont testé leur capacité à se désagréger dans la nature... et les résultats sont décevants.

On les utilise au supermarché pour y glisser nos fruits et nos légumes. Les sacs dits "biodégradables" ont fait leur apparition dans nos enseignes depuis l'interdiction, en 2016, de la distribution de sacs en plastique à usage unique. Ils peuvent par exemple être fabriqués avec de l'amidon de pomme de terre ou de maïs. Leur promesse ? Être moins polluants, compostables et biodégradables. Or, ce n'est pas forcément le cas aujourd'hui, comme l'a remarqué Marjorie Lépine, volontaire du projet "PlastiZen", contraction de "Plastic" et "Citizen". 

Cette étude, menée par le CNRS à Toulouse, vise à étudier le devenir des sacs plastique biodégradables dans le sol en prenant en compte différents facteurs écologiques, comme la température, l'humidité ou encore le pH.

Des plastiques biodégradables qui ne se décomposent pas

Pendant trois mois, conformément aux directives de l'expérience PlastiZen, Marjorie Lépine a donc laissé enfoui dans son jardin à Odars (Haute-Garonne) du plastique biodégradable. Et au moment de le déterrer, ce qu'elle a vu l'a laissée stupéfaite. "Au bout de trois mois, mon bout de plastique n'avait quasiment pas bougé et avait quasiment la même taille qu'au départ. Je me suis dit que le plastique ne devait pas du tout se décomposer", a indiqué la volontaire.

Partout en France, des morceaux de ce type de plastique biodégradable ont été enterrés puis envoyés dans un laboratoire en Haute-Garonne. Selon l'endroit où ils étaient enfouis, un échantillon sur trois seulement s'est vraiment décomposé. Selon Arthur Compin, ingénieur de recherche au CNRS et membre de l'équipe de PlastiZen, "l'un des facteurs qui peut expliquer cette dégradation différente pourrait être la nature du sol"

La crainte de mauvais comportements

Dans l'eau, l'expérience n'a d'ailleurs pas plus fonctionné. En 2019, l'université de Plymouth, en Angleterre, repêchait des sacs plastique biodégradables restés en mer pendant trois ans. Certains étaient restés intacts. Aujourd'hui, les scientifiques craignent que ces sacs, censés être plus verts, entraînent de mauvais comportements. Raphaël Guastavi, directeur adjoint Économie circulaire à l'Agence de la transition écologique (Ademe), suppose ainsi que certains utilisateurs de sacs biodégradables pourraient se dire : "Je l'abandonne dans la nature, c'est pas grave, parce qu'il y a marqué que ça doit se composter".

Malgré la faible ou lente désagrégation de certains sacs biodégradables, ces derniers se dégradent tout de même beaucoup plus vite que les sacs en plastique traditionnel qui, eux, mettent 400 ans à disparaître. 


La rédaction de TF1info | Reportage TF1 Guillaume Bertrand, Florence Couturon, Thierry Valtat

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