Des moules zébrées venues de la mer Noire envahissent le lac de Vouglans, dans le Jura.
Ces mollusques non comestibles se sont mis à coloniser le réseau fluvial français depuis plusieurs dizaines d'années.
Avec le réchauffement de l'eau dû aux fortes températures de l'été dernier, elles ont proliféré cette année.

De loin, on dirait des pommes de pin. Mais lorsqu’on s’approche, on s’aperçoit que des millions de moules recouvrent le rivage du lac de Vouglans (Jura). Les pêcheurs ne peuvent pas marcher sans les écraser. "C’est vraiment une surprise. Que ce soit du bois, des cailloux ou alors des plots en béton qui servent de bouée pour attacher des bateaux… Tout ce qui est dur est entièrement recouvert", s’étonne Kévin Hernandez, pêcheur. 

Sous l’eau, c’est le même constat : les moules sont partout. Jamais il n’y en avait eu autant ici. Si elles sont plus nombreuses cette année, c'est que l’eau est bien plus chaude en raison des fortes températures de l'été dernier. Mehdi El Bettah est ingénieur à la fédération de pêche du Jura. Ce jour-là, il vient identifier l’espèce. "Quand on la pose sur un support plat, elle reste à plat. On est en présence de moules zébrées. C’est une moule en provenance de la mer Noire qui a transité à travers les canaux de navigation et qui a commencé à coloniser les hydrosystèmes français depuis déjà plusieurs décennies", explique-t-il. 

"Ces moules filtrent la nourriture des poissons"

Aujourd’hui, une partie de ce lac artificiel a été vidé pour alimenter en amont un barrage hydroélectrique, ce qui a fait apparaître les moules. "Ici, avant, on trouvait des grosses moules d’eau, pas des petites moules comme ça", affirme une promeneuse. "Elles ne sont pas mangeables. Goûtez, mais je ne veux pas goûter moi", rit un autre promeneur. 

Ne les mangez pas, car ces moules ne sont pas comestibles. "Elles sont toutes mortes parce que ça fait environ trois semaines qu’elles sont à l’air libre", explique Olivier Febvre, président de Vouglans pêche. Dans l’eau, une moule comme celle-ci peut filtrer jusqu’à un litre par jour avec des conséquences sur la biodiversité. "Ces moules vont filtrer le plancton et les matières organiques en suspension et c’est la nourriture des poissons, des alevins, donc c’est inquiétant par rapport à ça", poursuit Olivier Febvre. 

Il n’y a pas de conséquences directes pour l’instant. La majorité des moules sont déjà mortes et leur prolifération sera ralentie si le niveau du lac reste bas. 


L.T. | Reportage TF1 : Irvin Blonz, Grégory Martin

Tout
TF1 Info