Emmanuel Macron présente ce jeudi 30 mars le "plan Eau" du gouvernement.
Un texte qui doit permettre d'améliorer la gestion de cette ressource menacée par le changement climatique dû à l'activité humaine.
Mais qui prélève et consomme quoi en France ?

Le texte est très attendu après un été 2022 marqué par une sécheresse historique et un hiver qui n'a pas permis de recharger les nappes phréatiques en France. Emmanuel Macron présente, jeudi 30 mars dans les Hautes-Alpes, le "plan Eau" du gouvernement qui doit permettre d'améliorer la gestion de cette ressource menacée par le changement climatique dû à l'activité humaine.

Car la ressource est devenue depuis quelques années un enjeu majeur en France, à l'origine de conflits sur son usage, à l'image des violentes manifestations qui ont éclaté à Sainte-Soline autour des projets de méga-bassines dans les Deux-Sèvres. Mais qui sont les plus gros consommateurs d'eau dans le pays ? Pas si facile à déterminer alors qu'une confusion règne entre prélèvements et consommation. TF1info fait le point.

Quelle est la quantité d'eau disponible en France ?

Selon les chiffres publiés par le gouvernement, les eaux utilisées en France proviennent en grande majorité (82% soit environ 26 milliards de mètres cube) des fleuves, des rivières et des lacs, des eaux appelées "de surface". L'eau potable, elle, provient en majorité des eaux souterraines (près de 63%). Ces ressources sont alimentées par les précipitations qui apportent, en moyenne, 512 milliards de mètres cube par an, dont les deux tiers s'évaporent. Les 208 milliards de mètres cube restants alimentent les eaux de surface et souterraines, dont l'essentiel doit rester dans les milieux naturels pour préserver un équilibre satisfaisant.

Concernant la gestion de cette eau dans l'Hexagone, elle se base sur l'eau prélevée et l'eau consommée. Deux notions qu'il faut différencier. Selon le centre d'information sur l'eau, "les prélèvements désignent la quantité d'eau prélevée dans le milieu naturel puis rejetée après utilisation", donc à nouveau disponible. La consommation, elle, "correspond à une quantité d'eau prélevée, réellement consommée, absorbée" qui ne peut être renvoyée directement dans la nature après usage. 

Plus de 4 milliards de mètres cubes consommés par an

Sur la période 1990 - 2019, les prélèvements en eau douce ont représenté environ 31 milliards de m3 par an quand la France peut en prélever 97 milliards selon l'estimation de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Si la ressource est jugée suffisante, la Cour des comptes a pointé en début de mois une "organisation inadaptée aux enjeux de la gestion quantitative de l’eau" dans le contexte du changement climatique, notamment en raison du fort de taux de prélèvement en été, lorsque la ressource est le moins disponible.

Une situation d'autant plus inquiétante que, selon les experts du climat, dans les prochaines décennies, la France connaîtra entre "moins 10 et moins 40% de disponibilité en eau". Car si les prévisions du Giec ne permettent pas d'affirmer que les précipitations vont diminuer, elles montrent une augmentation des canicules qui se traduira par des sécheresses plus sévères dans les années à venir.

Concernant la consommation, selon la dernière estimation publiée mercredi 29 mars par le Service des données et des études statistiques (SDES) du ministère de la Transition écologique, elle s'établit à 4,1 milliards de mètres cube en moyenne annuelle sur la période 2010-2019, soit 64 mètres cube par an et par habitant. Un chiffre revu à la baisse par rapport à la précédente estimation qui faisait état de 5,3 milliards de mètres cube.

L'agriculture : prélèvements faibles, mais consommation importante

Du côté des plus gros utilisateurs d'eau en France, la production d'énergie pointe à la première place en termes de prélèvements (16,8 milliards de mètres cube) mais est largement devancée par l'agriculture en termes de consommation. En effet, le refroidissement des centrales électriques représente 64% de l'eau prélevée (15,3 milliards de m3), essentiellement utilisée pour les centrales thermiques et nucléaires. Des volumes qui sont ensuite très rapidement restitués à la nature à l'endroit où ils ont été prélevés, ce qui rend la quantité d'eau effectivement consommée faible (12%).

C'est l'inverse pour l'agriculture qui compte pour 9% des prélèvements globaux (2,4 milliards de m3). Mais cette eau est peu restituée dans la nature, utilisé en grande partie pour irriguer les plantes. La quantité effectivement consommée est ainsi importante : 58%, ce qui fait du secteur agricole le premier consommateur d'eau en France. Son impact est particulièrement important en été, où elle peut représenter jusqu'à 60% de la consommation totale sur les seuls mois de juin, juillet et août. Plus de 40% des volumes de l’irrigation sont concentrés pour la culture du maïs à grains et semences, 20% pour le blé, 7% pour le maïs et les fourrages, 7% pour les légumes frais, 6% pour les vergers et 2% pour les vignes.

Concernant les autres secteurs, l'eau potable représente des prélèvements atteignant 5,3 milliards de mètres cube et 26% de la consommation, et les usages industriels prélèvent 2,6 milliards de mètres cube par an pour une consommation de 4%. 


Annick BERGER

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