VIDÉO - Maisons menacées par l'érosion : en Bretagne, ces maires qui renoncent à lutter

par La rédaction de TF1 | Reportage Julie Jeunemaitre, Kevin Gaignoux
Publié le 5 décembre 2023 à 16h38

Source : JT 13h Semaine

On estime que 870.000 biens en France, des maisons et des bâtiments, sont menacés par l'érosion et la montée des eaux.
Des communes dépensent énormément d'argent pour y faire face.
D'autres préfèrent laisser faire la nature.

La mer n'est plus qu'à quelques mètres d'un quartier résidentiel de Treffiagat (Finistère). Le risque d'une submersion marine grandit à chaque tempête. Un plan de déconstruction est à l'étude sur six maisons les plus menacées. Contre une indemnisation des pouvoirs publics, certains se résigneront à quitter leur logement. D'autres resteront coûte que coûte. Une habitante ne veut pas abandonner la maison qu'elle habite depuis 53 ans. "On n'a jamais eu la mer dans le jardin, je ne vois pas pourquoi on partirait. Il faudrait que la dune lâche", lance-t-elle.

La dune, justement, est régulièrement renforcée. Plus d'un million d'euros dépensé en dix ans, un gouffre financier selon la mairie. Comme Treffiagat (Finistère), 242 communes menacées par l'érosion, dont près de 40% en Bretagne, se sont portées volontaires pour étudier et redessiner leur littoral. Pour les accompagner, un Comité national du trait de côte a été créé en mars dernier. 

"Ça va coûter cher de continuer à protéger, ça va coûter cher de relocaliser. On travaille pour continuer à trouver des financements pérennes. Il ne s'agit pas de trouver des financements pour les deux ou trois ans qui viennent, il faut des financements pour les cent années à venir",  explique Sophie Panonacle, députée (Renaissance) de Gironde, présidente du comité national du trait de côte.

Trouver des financements devient indispensable. Certaines communes se sentent parfois démunies. À Plougoff, une digue a été détruite par l'assaut des vagues. Les travaux sont estimés à 1,2 million d'euros. "C'est pratiquement insurmontable pour nous, je ne vois pas l'intérêt de mener ce projet-là dans la mesure où c'est démesuré par rapport à nos moyens", explique le premier adjoint au maire, André Marchand. Abandonner la digue pour concentrer les efforts sur une falaise où se situent des maisons. "Il y a toujours un moment où il faut se dire qu'on va essayer de lutter, sinon on laisse tout partir". 

Cesser de lutter, c'est le choix fait par les élus et l'observatoire du littoral à Beaussais-sur-Mer (Côtes-d'Armor). Une brèche s'est formée dans la digue il y a trois ans, elle n'a pas été réparée. "On aurait pu colmater la brèche, le problème, c'est qu'on aurait pu recommencer six mois après, justifie Philippe Guesdon, maire-délégué de Beaussais-sur-Mer. On n'a pas de solution à long terme et ce n'est satisfaisant pour personne". 

Depuis, la mer a repris ses droits et occupe tout le polder à marée haute. Jusqu'à une maison désormais condamnée. "Les enjeux socio-économiques qui étaient protégés par la digue ne sont pas négligeables, mais on peut les relocaliser relativement aisément", indique Gwenal Hervouët, délégué-régional adjoint au conservatoire du littoral Bretagne. La maison ne sera pas détruite, elle reste comme témoin de la montée des eaux. Les propriétaires ont été indemnisés. 


La rédaction de TF1 | Reportage Julie Jeunemaitre, Kevin Gaignoux

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