Sur les quelque 10.000 espèces d'algues connues, seulement une centaine sont exploitées.
La ressource est inépuisable et pourrait être une solution au défi des décennies à venir.

Qu'elles soient rouges, brunes, vertes ou microscopiques, les algues n'ont jamais été aussi populaires. D’ailleurs, on en trouve déjà dans de nombreux produits du quotidien, du dentifrice au pansement, en passant par les soins pour la peau, les crèmes dessert ou encore la mayonnaise. De nombreux experts affirment que cette ressource inépuisable pourrait être une solution aux défis des décennies à venir. Notamment, pour lutter contre la pollution d’origine humaine.

Et pour cause, ces micro-organismes sont de formidables pompes à dioxyde de carbone (CO2), qu'ils transforment ensuite en oxygène. D’où l’idée de la startup Bioteos de les intégrer à un purificateur d’air. L’an dernier, la métropole lilloise a expérimenté cette technologie dans une station de métro pendant trois mois. Résultat, les particules fines ont pu être réduites de moitié sur le quai. Explorer de nouvelles voies pour cet or vert, c’est le rôle du Centre d'étude et de valorisation des algues (Ceva), à Pleubian dans les Côtes-d’Armor (Bretagne), où s’est rendue une équipe du 20H de TF1.

Cela va permettre de réduire les apports en engrais et aussi, potentiellement, l’usage de certains produits d’origine chimique.
Ronan Pierre, responsable du pôle innovations et produits au Ceva

Derrière ces murs, des biologistes en blouse blanche étudient sous toutes les coutures des espèces d’algues sélectionnées pour leurs propriétés. L’exploration de cette ressource ne fait que commencer. "On estime qu’il y a environ 10.000 espèces d’algues différentes. A ce jour, on en exploite probablement une centaine", souligne Ronan Pierre, responsable du pôle innovations et produits au Ceva. Pour l’heure, le principal débouché concerne l’alimentaire ainsi que l’agriculture, où elles sont utilisées comme biostimulant pour les légumes ou les plantes. 

"Cela va permettre de réduire les apports en engrais et aussi, potentiellement, l’usage de certains produits d’origine chimique", explique le biologiste. Et les applications sont nombreuses. L’institut a récemment mis au point une peinture plus écologique en collaboration avec une entreprise locale. "L’objectif, c’est de s’affranchir au maximum de la pétrochimie", explique, au micro de TF1, Lionel Bouillon, le PDG d’Algo Paint. L’an dernier, cette peinture à base d’algues a recouvert 5 millions de mètres carrés d’habitation, soit l’équivalent de 700 terrains de foot.


M.D. Reportage vidéo TF1 Didier Piereschi, Maud Gatineau et Xavier Boucher

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