VIDÉO - Maurienne : depuis l'éboulement sur la ligne ferroviaire, la vallée envahie par les camions

par F.R | Reportage : S. Agi, P. Gardet
Publié le 26 novembre 2023 à 17h18

Source : JT 20h WE

Le 27 août dernier, un important éboulement a fait trembler la Maurienne, coupant la voie ferrée la plus empruntée entre la France et l'Italie.
Depuis, les camions sont de plus en plus nombreux à emprunter les routes de la vallée.
Alors que le fret ferroviaire ne pourra pas reprendre avant la fin de l'année 2024, les conséquences écologiques et économiques se font déjà sentir.

En plein cœur de la vallée de Maurienne, en Savoie, la voie ferrée la plus empruntée entre la France et l'Italie est à l'arrêt depuis trois mois. Le 27 août dernier, 15.000 m³ de rochers se décrochaient de la montagne, coupant le trafic ferroviaire, ainsi qu'une route départementale et l'autoroute A43. Si l'autoroute a pu rouvrir une dizaine de jours plus tard, la départementale et surtout la voie ferrée, restent fermées.

Alors, les entreprises de transports voient leur fonctionnement bousculé. C'est le cas des Transports Jacquemmoz, contraints d'emprunter l'A43 pour acheminer leurs marchandises jusqu'en Italie. Le trafic atteignait 150 trains par jour, soit l'équivalent de 170.000 camions par an, qui sont désormais contraints de circuler par la vallée. "C'est 180 grammes de CO2 par camion économisés quand on prend le train. On est de la vallée, on a des sensibilités pour l'environnement, donc ça nous ennuie vraiment que la voie soit immobilisée", soupire un employé de l'entreprise Jacquemmoz, au micro du 20H de TF1.

Conséquences économiques

Le report des marchandises du rail vers la route se double d'une autre difficulté : la fermeture pour deux mois, jusqu'au 18 décembre, du tunnel du Mont-Blanc pour maintenance. Entre 1700 et 2000 camions supplémentaires viennent donc tous les jours encombrer la déjà bien chargée vallée de la Maurienne.

À l'impact écologique, dans une vallée déjà polluée, s'ajoutent des conséquences économiques. Au total, pour l'entreprise Jacquemmoz, il faut compter cinq heures de route supplémentaires par mission. "Ça rajoute deux heures et demi de volant (...) "Il y a une perte de productivité. Le conducteur est limité à un certain nombre d'heures de conduite dans sa journée. Dans notre organisation, on doit le prendre en compte en plus, pour remplacer le trajet de train", déplore le directeur général Stéphane Jacquemmoz.

Au-delà des professionnels, les particuliers ne peuvent également plus emprunter les rails sur cette portion. En l'absence de train direct Paris-Milan, la SNCF propose des trajets alternatifs, plus longs et avec correspondance, via la Suisse. Ce qui a un impact direct sur le tourisme. À Modane, la fréquentation, qui augmente habituellement à la saison hivernale, est en chute libre.

À l'hôtel "Le Commerce", fréquenté par les cheminots, seule une chambre est réservée, sur dix-huit. "C'était six personnes par jour, plus quatre cheminots italiens", détaille le propriétaire, qui chiffre entre "15 et 20.000 euros" de perte de chiffre d'affaires. Pour tenir bon, les commerçants espèrent obtenir des aides de la région Auvergne-Rhône-Alpes. La réouverture de la voie ferrée, elle, n'est pas prévue avant fin 2024.


F.R | Reportage : S. Agi, P. Gardet

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