VIDÉO – Ordures ménagères : ces villes qui font payer leurs habitants en fonction de leur quantité de déchets

par T.A. | Reportage : Claire AUBERGER et Noëlle LY
Publié le 30 décembre 2023 à 17h23

Source : JT 13h WE

Des villes comme Périgueux ou Besançon ont décidé de mettre en place une "redevance incitative" pour le traitement des ordures ménagères.
Le principe ? Payer une taxe pour cette gestion en fonction de la quantité de détritus jetés par chaque foyer.
Une pratique qui pourrait se généraliser dans les prochaines années.

C'est devenu une habitude : à Périgueux (Dordogne), les habitants doivent déposer eux-mêmes leurs poubelles dans des containers. Pour ouvrir le vert, il faut badger avec une carte magnétique. "On décompte avec la carte et ça nous fait une nouvelle ouverture pour y mettre un autre sac-poubelle", nous montre une utilisatrice, dans le reportage du JT de 13H visible en tête de cet article. Ici, la mairie a mis en place une "redevance incitative". Ainsi, les habitants n'ont pas à régler une taxe d'ordures ménagères au même tarif pour chacun, mais une facture adaptée en fonction de la quantité de déchets qu'ils rejettent.

Les tarifs évoluent selon les situations. Pour 203 euros par an, une personne seule a le droit à seize sacs de 60 litres. Une famille de quatre doit pour sa part dépenser 337 euros pour déposer 40 sacs. Au-delà, chaque ouverture supplémentaire de la benne est facturée 5,50 euros. L'objectif ? Inciter à trier, à travers cette nouvelle redevance, mais aussi, de manière plus générale, à réduire les déchets. "Il y a un compteur à respecter et on est donc obligé de le respecter pour ne pas dépasser le quota", indique au micro de TF1 une autre usagère de l'équipement. 

Des déchets en baisse de 47%... mais une facture en hausse

Le résultat est là : en trois ans, le nombre de déchets incinérés a diminué de 47%. En revanche, le dispositif n'est pas forcément bénéfique pour le portefeuille des habitants. Ainsi, en 2024, la facture pour le traitement des ordures ménagères va encore grimper de plus de 5,6% en Dordogne. Le Syndicat mixte des déchets du département, qui a voté cette hausse, assume cette décision. "Un camion qui coûtait 250.000 euros en coûte aujourd'hui 350.000, la facture de gasoil a augmenté de 900.000 euros, celle d'électricité a doublé, liste Pasacal Protano, le président de la structure. "Tout cela, il faut à un moment que quelqu'un le paie."

Cette augmentation, due à l'inflation, touche toutes les communes dans l'Hexagone. Selon Annick Lacout, experte en prévention et gestion des déchets, payer en fonction de la quantité de ses détritus constitue le seul moyen de limiter la hausse des prix de la prise en charge des ordures ménagères. "Les coûts du traitement des ordures ménagères va considérablement augmenter d'ici à 2025, décrypte la spécialiste. La tarification incitative apporte une maîtrise des coûts plutôt qu'une diminution des prix."

"Au début, les gens avaient peur de payer plus, de se faire avoir"

Ville pionnière dans la gestion des déchets, Besançon (Doubs) a choisi de continuer le porte-à-porte, mais en pesant chaque bac relevé. Le contribuable paye en fonction du poids et cela fait une vraie différence. Dans la commune, une famille qui trie beaucoup va payer 210 euros par an, tandis qu'une autre dans la moyenne devra débourser 356 euros. 

En 2018, dix ans après l'annonce de sa mise en place, le nombre de déchets collectés dans la ville avait déjà baissé de 35%, selon la municipalité. "C’est typiquement le sujet qui fait râler, admettait l'ex-maire de Besançon, Jean-Louis Fousseret, dans un article de La Croix. Au début, les gens avaient peur de payer plus, de se faire avoir. Et pourtant, ça a marché."

La redevance incitative a donc les moyens de vous faire changer les habitudes des ménages. Le gouvernement espère qu'en 2025, elle concernera 25 millions de Français, contre seulement 7 millions aujourd'hui.


T.A. | Reportage : Claire AUBERGER et Noëlle LY

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