VIDÉO - Oise : annulation par la justice de l’autorisation de construction d’une route... déjà terminée

par La rédaction de TF1info | Reportage TF1 : Charles Diwo, Jean-François Drouillet
Publié le 11 avril 2024 à 8h00

Source : JT 20h Semaine

Il y a quelques jours, un tribunal a annulé l’autorisation de construction d’une route, près de Compiègne, dans l’Oise, après le dépôt de plainte de plusieurs associations de défense de l'environnement il y a quatre ans.
Problème : les travaux sur cette route sont déjà terminés depuis un an.
Le 20H de TF1 s'est rendu sur place.

Il s'agit d'une petite route de campagne, tout ce qu'il y a de plus paisible. En tendant l'oreille, on entend même les oiseaux chanter. Environ 750 mètres de bitume flambant neuf, qu'empruntent chaque jour des dizaines d'automobilistes. "Je la prends pour le travail. Je gagne cinq-dix minutes de route", indique un conducteur au 20H de TF1, dans le reportage visible en tête de cet article. "Ça évite de passer par toute la ville pour rentrer chez soi", rapporte un autre. Jugée très pratique par ceux qui y circulent, cette route, située à Pont-Sainte-Maxence (Oise) n'aurait pourtant jamais dû exister.

Tout commence il y a quatre ans. À l'époque, une forêt se trouvait à la place de cette voie de bitume. La commune veut en raser une partie pour faire passer des voitures. Mais la zone est protégée puisqu'elle abrite des espèces en voie de disparition. Pour construire, il lui faut donc une dérogation. La mairie finit par l'obtenir et les travaux de déforestation peuvent commencer.

C’est à ce moment précis que plusieurs associations de défense de l'environnement décident de porter plainte contre cette décision. La justice leur a finalement donné raison. Le petit problème, c’est qu’elle l’a fait un peu tard puisque les travaux sur la route sont déjà achevés. 

"C'est une saignée dans la forêt"

Si aujourd’hui, la route est jugée illégale, pour les associations qui ont obtenu gain de cause, la victoire a un goût de défaite. Car selon elles, le mal est fait. "C’est très clairement une saignée dans la forêt, pour une fréquentation quasiment nulle", regrette Grégory Brouilliard, chargé d’études biodiversité au sein de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO).

La route pourrait-elle être détruite ? Pas si sûre, car cela risque d’alourdir une facture déjà très salée : trois millions d’euros pour la construction. D’autant plus que les arbres, eux, ont déjà disparu, au grand regret de Gérard, dont la maison est située juste en contrebas de la nouvelle route. La forêt ayant laissé place au bitume, sa bâtisse a déjà perdu de la valeur. "Auparavant, tout le champ était rempli d'arbres", déplore-t-il. Contactée pour réagir à cette interdiction de construction, la mairie n’a pas souhaité répondre aux équipes de TF1. 


La rédaction de TF1info | Reportage TF1 : Charles Diwo, Jean-François Drouillet

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