VIDÉO - Rejets de carbone : pourquoi il est crucial de préserver les tourbières

par La rédaction de TF1info Reportage : Sylvie PINATEL, Axel CHARLES-MESSANCE
Publié le 10 décembre 2023 à 12h13

Source : JT 20h WE

Depuis dix ans, un programme européen vise à restaurer les tourbières, notamment dans le Jura.
Ces zones humides sont vitales pour éviter d'importants rejets de carbone dans l'atmosphère.
Explications dans le 20H de TF1, sur ces écosystèmes à préserver.

Les tourbières, zones humides constituées de débris végétaux accumulés au fil des siècles, sont vitales dans la lutte contre le réchauffement climatique. Ces sols absorbent deux fois plus de carbone que les forêts. Dans le Haut-Jura, les tourbières ont été exploitées pour le chauffage jusque dans les années 1970. On creusait alors des fossés pour évacuer l'eau et faire sécher la tourbe. "Quand l'exploitation de la tourbe s'est arrêtée, on n'a pas rebouché les fossés", explique sur place dans le reportage en tête d'article Pierre Durlet, chargé de mission dans le parc naturel régional du Haut-Jura.

Alors il y a dix ans, un programme européen a été lancé pour restaurer la tourbière, notamment dans le Jura. "En 2018, on a rebouché, l'eau est très rapidement montée dans la fosse d'exploitation. Cinq ans plus tard, la tourbière retrouve un équilibre, et elle va continuer de garder son immense stock de carbone, plutôt que de le relarguer vers l’atmosphère", montre Pierre Durlet dans le reportage de TF1 en tête de cet article.

Plus le climat se réchauffe, plus les tourbières rejettent de carbone

A l'échelle de la planète, les tourbières renferment 30% du carbone contenu dans les sols. "Il faut maintenir l'eau dans ces écosystèmes, c'est crucial", note lui aussi Vincent Jassey, chargé de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS). L'eau agit en effet comme un couvercle qui retient enfermé le carbone absorbé par la végétation.

Le risque est d'autant plus grand que le réchauffement climatique entraîne un cercle vicieux pour ces zones humides : plus la tourbière est exposée à une hausse des températures, et plus elle rejette de carbone dans l'atmosphère. C'est le phénomène qu'étudie Vincent Jassey, en confrontant des échantillons de tourbe à différentes températures pour mesurer le carbone relâché.

Fin novembre, le Parlement européen a voté de nouvelles normes pour certifier le stockage de carbone, ce qui concerne notamment les tourbières. Il s'agirait de surveiller et quantifier les absorptions de carbone pour certifier les zones dans lesquelles le gaz est stocké sur le long terme. Mais les ONG environnementales réclament des efforts supplémentaires, pour réduire, voire éliminer les émissions de carbone, au lieu de seulement stocker les quantités émises.


La rédaction de TF1info Reportage : Sylvie PINATEL, Axel CHARLES-MESSANCE

Sur le
même thème

Tout
TF1 Info