En 2035, l'Union européenne interdira la vente de voitures neuves à moteur thermique.
Le Vieux continent est-il proche de son objectif ?
Le 20H de TF1 s'est penché sur la question.

Dans le reportage visible en tête de cet article, le 20H de TF1 vous emmène dans l'une des plus grosses usines de moteurs électriques en Europe. Elle se trouve en France, à Cléon, en Seine-Maritime. C'est là que Renault fabrique ses modèles électriques. La cadence de production n'a jamais été aussi élevée.

Près de 240.000 pièces sortiront des chaînes de fabrication cette année 2024, soit deux fois plus que l'an dernier. "On a doublé tous nos moyens de production afin de répondre à la demande", explique Christelle Lemaire, conductrice de ligne.

Car dans un an, l'objectif est encore plus ambitieux : avec la sortie de la nouvelle R5 100% électrique, le site de Cléon produira 600.000 moteurs par an. À ce rythme, le producteur de l'usine, Thomas Denis, en est certain : il produira assez de moteurs électriques pour remplacer le thermique en 2035.

L'outil de production est prêt, mais le consommateur l'est-il ? C'est la grande inconnue. Seule certitude : avec le bonus écologique et le leasing social, nous sommes en France beaucoup plus aidés que partout ailleurs en Europe. "Aujourd'hui, il y a peu de pays qui ont la même politique que la France pour soutenir les véhicules électriques", confirme Christian Stein, directeur produit et expérience chez Ampère, une entreprise du groupe Renault.

En Allemagne, nombre d'automobilistes restent viscéralement attachés à leur voiture thermique. Illustration dans un centre de lavage à Berlin, où un conducteur, Jens Wiederman, nettoie son véhicule avant son départ en vacances. Serait-il prêt à passer à l'électrique ? "Certainement pas ! C'est à cause de l'autonomie : j'ai l'habitude de faire de longs trajets, d'aller en Italie, en Provence, d'une traite. Avec une électrique, je devrais m'arrêter au moins trois fois. C'est hors de question. Nous les vieux, on tient à nos moteurs à essence !", développe-t-il fièrement.

Pour des raisons politiques et financières, depuis décembre 2023, l'Allemagne a cessé de subventionner l'achat de voitures électriques. Résultat : la demande a brutalement baissé et les ventes de véhicules thermiques, elles, repartent à la hausse.

Autre difficulté pour atteindre l'objectif de 2035, date de la fin de la vente de véhicules thermiques dans l'Union européenne : le nombre de bornes de recharge. Il en faudrait 3,5 millions en Europe, alors qu'il n'en existe que 400.000 à peine, concentrées sur trois pays : la France, l'Allemagne et la Hollande.


La rédaction de TF1info | Reportage TF1 : F. Chadeau, P. Lormant, B. Rey

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