La préfecture des Bouches-du-Rhône a renouvelé la dérogation permettant à Marseille de réguler la prolifération des Goélands leucophées, une espèce protégée.
Attirés par les poubelles et les décharges sauvages, ces volatiles parfois agressifs ont envahi la ville.
Une équipe de TF1

Les Marseillais les appellent les "gabians", quand d'autres utilisent l'appellation "Goélands leucophées". Quel que soit leur nom, la cohabitation entre ces oiseaux et la population est parfois compliquée. "Dès qu'on a le dos tourné, il nous pique un poisson", lance un poissonnier, interrogé par nos équipes sur le Vieux-Port. "C'est aussi un animal qui vous attaque", renchérit un passant. Car les gabians peuvent avoir des réactions agressives lorsqu'ils sentent que leurs œufs sont en danger.

"Ça va surtout manger dans les poubelles", réagit un autre, lui aussi interrogé dans le reportage en tête de cet article. La présence de ces volatiles est en effet liée à celle des déchets. En 2017, une équipe de TF1 avait filmé le centre de tri de Septèmes-les-Vallons (Bouches-du-Rhône), comme le montre l'image ci-dessous. Rien n'a changé depuis, des milliers de volatiles s'y entassant toujours. 

TF1

Une situation qu'espère voir disparaître la préfecture des Bouches-du-Rhône. Dans un arrêté publié fin décembre, elle demande à la Ville de Marseille de mettre en place plusieurs mesures pour lutter contre la prolifération de cette espèce protégée. 

Le but de cet arrêté est d'agir en amont
Anaël Marchas, médiateur juridique à la Ligue de protection des oiseaux PACA

Ce plan d'action doit être mené de 2024 à 2026. "Le but de cet arrêté est d'agir en amont, soit en rendant inhospitalier ces sites par la pose de câbles et la pose de filets pour empêcher l'oiseau de venir s'installer", détaille Anaël Marchas, médiateur juridique à la Ligue de protection des oiseaux PACA. "On peut également stériliser les œufs, on va les installer dans un bain d'huile, ça sera un échec de reproduction pour l'oiseau", poursuit-il. 

Enfin, des euthanasies seront autorisées dans certains cas spécifiques. "Tout Goéland leucophée blessé ou dans l’incapacité de voler, tombé du nid ou en errance sur le domaine public ou privé, peut être euthanasié par injection létale" autorise la préfecture dans son arrêté. Cette euthanasie sera pratiquée par un vétérinaire déjà choisi. Au terme de chaque campagne annuelle de régulation, la Ville de Marseille devra compte des actions menées.

Ces opérations débuteront dès le printemps, date de reproduction de ces oiseaux. Marseille est aujourd'hui la ville d'Europe accueillant le plus grand nombre de Goélands leucophées, ils y sont près de 25.000. 


La rédaction de TF1info | Reportage Emmanuelle Binet, Frédéric Miara, Matthieu Perrot

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