Le 20h

REPORTAGE - Huitres, moules... Les productions de coquillages menacées par la hausse des températures

La rédaction de TF1info | Reportage T. Copleux, X. Thoby.
Publié le 7 juillet 2022 à 11h35
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Avec les hausses de chaleur que connait la France, les ostréiculteurs et les mytiliculteurs, notamment, sont inquiets.
Ils rapportent de nouveaux dangers sur les productions d'huitres et de moules, comme de nouveaux prédateurs.
Le 20H de TF1 s'est rendu à Pirou, dans la Manche, pour en savoir plus.

La hausse globale des températures, et notamment les vagues de chaleur que connait fréquemment la France, ne menacent pas seulement les productions agricoles, car même les coquillages sont menacés. Ainsi, Sébastien Robert, ostréiculteur à Pirou, dans la Manche, est obligé de gratter ses huîtres pour pouvoir les vendre. Car avec la température de l'eau en mer qui augmente d'année en année, des larves prolifèrent et pondent sur sa production. 

"Il y a 4-5 ans, je n'avais pas besoin de faire ça. À cause du réchauffement climatique, aujourd'hui je suis obligé de les décoller avec un couteau. Et forcément, ça me demande du temps supplémentaire", précise-t-il au 20H de TF1, dans le reportage en tête de cet article. 

"Ostréiculteur, ça peut être un métier en voie d'extinction"

D'autant que certains coquillages se cassent et restent invendables. Résultat : une demi-journée de travail perdue à chaque récolte, quand elle n'est pas dévorée par des prédateurs de plus en plus nombreux dans l'eau chaude, comme les araignées de mer. "Elles arrivent sur les pieux, montent dessus et mangent les petites moules. Un jour ou l'autre, je n'aurai plus de moules à cause de la prédation. Ça peut être un métier en voie d'extinction", poursuit l'ostréiculteur.

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Le danger est pris très au sérieux par les producteurs de coquillages normands. Depuis plusieurs années, ils tentent de mesurer l'impact du réchauffement climatique sur les fruits de mer. "On peut cultiver des huitres dans l'eau chaude, ça se fait. Par contre, il faut se poser la question à long terme : qu'est-ce que ça peut nous apporter ?", explique Thierry Hélie, président de la Section régionale des conchyliculteurs de Normandie. Il évoque ainsi "de nouveaux pathogènes, des parasites qui peuvent se développer."

Les productions de moules pour septembre et d'huîtres pour Noël de cette année ne sont pas menacées, mais les prix pourraient bien encore augmenter de 5 à 10% par rapport à l'année 2021.


La rédaction de TF1info | Reportage T. Copleux, X. Thoby.

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