L'Euro 2024 en Allemagne s'ouvre vendredi 14 juin.
Derrière les cadors français, anglais, espagnol ou portugais, plusieurs sélections ont la qualité pour espérer tirer leur épingle du jeu et créer la surprise aux yeux du grand public.
TF1info a sélectionné cinq équipes qui pourraient perturber la hiérarchie établie et frapper un grand coup lors de cette compétition.

Vingt-quatre noms sur la ligne de départ, un seul vainqueur. Après de longues semaines d'attente, l'Euro 2024 débute ce vendredi 14 juin, en Allemagne. Pendant un mois, les poids lourds du continent vont en découdre avec l'objectif ultime de soulever le trophée à Olympiastadion de Berlin. Au-delà de ces équipes favorites, plusieurs sélections rêvent d'être la sensation de l'été outre-Rhin, sans forcément aller jusqu'au bout. Plusieurs d'entre elles ont d'ailleurs les armes, sur le papier, pour bouleverser, au moins en partie, la hiérarchie établie. Tour d'horizon. 

⭐⭐⭐ L'Autriche

Encore largement sous-cotée dans l'esprit collectif, l'Autriche avance dans l'ombre. Mais forte des certitudes collectives acquises depuis l'arrivée de Ralf Rangnick aux commandes, en juin 2022, elle a solides arguments à faire valoir. Le sélectionneur, passé par Schalke 04 et tous les clubs de la galaxie Redbull (New York, Bragantino, Salzbourg, Leipzig), a transformé la sélection en une véritable machine à presser, une rareté sur la scène internationale. Dans le sillage d'un trio de créateurs aussi propre sur le plan technique que travailleur sans ballon - Konrad Laimer, Marcel Säbitzer, Christoph Baumgartner -, elle est passée maître dans l'art de mettre sous pression son adversaire, voire de l'étouffer. 

Cette philosophie a rapidement porté ses fruits avec un parcours presque parfait lors des Éliminatoires (2e du groupe F juste derrière la Belgique, avec 19 points). Les Autrichiens n'ont plus perdu depuis octobre 2023, avec un court revers contre les Diables Rouges (2-3), et n'ont subi qu'une seule défaite lors de leurs douze derniers matchs. Dans ce laps de temps, les Rot-Weiss-Roten (Rouges-Blancs-Rouges, en français) ont notamment battu la Suède (2-0, 3-1) et la Serbie (2-1), étrillé la Turquie (6-1) et tenu en échec la Belgique (1-1) et la Suisse (1-1). 

Toutefois, la récente cascade de blessures (le capitaine David Alaba et les indispensables Alexander Schlager et Xaver Schlager sont tous forfaits pour la compétition) complique la tâche. Et même si des alternatives de qualité existent, les coéquipiers de Kevin Danso pourraient avoir du mal à se sortir d'un groupe D très relevé, où figurent entre autres la France et les Pays-Bas. Mais s'ils parviennent à se frayer un chemin jusqu'aux matchs couperets, ils deviendront une réelle menace. Au point d'imiter le Danemark, demi-finaliste quatre ans plus tôt ? 

⭐⭐⭐ L'Ukraine

Troisième d'un souffle du groupe C des Éliminatoires (14 points, seulement devancée par l'Angleterre et l'Italie à la différence de buts), l'Ukraine a dû passer par les barrages pour valider son ticket pour l'Euro. Si elle s'est fait peur contre la Bosnie (victoire 2-1, avec deux buts dans les cinq dernières minutes) puis contre l'Islande (2-1), elle sera bien du rendez-vous. Placée dans un groupe abordable (Belgique, Slovaquie, Roumanie), ses individualités peuvent lui permettre d'aller loin. 

C'est simple, la Zbirna (l'équipe nationale, en français) regorge de talents individuels, et ce, sur toutes les lignes. Derrière, l'axe Mykola Matviyenko-Illya Zabarnyi (un des six joueurs de Premier League anglaise à avoir joué 100% des minutes en championnat cette saison) donne de solides garanties de solidité, malgré sa jeunesse. D'autant plus qu'Andriy Lunin, qui a réalisé une saison de haut vol au Real Madrid, s'est imposé dans les cages. 

La joie de Dovbik et Zincheko après la qualification de l'Ukraine à l'Euro.
La joie de Dovbik et Zincheko après la qualification de l'Ukraine à l'Euro. - Sergei GAPON / AFP

Dans l'entrejeu, les options sont nombreuses entre le polyvalent Oleksandr Zinchenko, le très fin Georgiy Sudakov ou les vétérans Taras Stepanenko et Ruslan Malinovskyi. Surtout, le sélectionneur Sergiy Rebrov peut compter sur une attaque flamboyante, avec deux dribbleurs dynamiteurs de défense, en les personnes de Mykhaylo Mudryk et Viktor Tsygankov, et un finisseur insatiable, Artem Dovbyk (25 buts, 10 passes décisives en club cette saison et déjà 9 réalisations en 27 sélections). 

Signe de ce réservoir individuel de grande qualité, les "Jaune et Bleu" possèdent le 10e effectif (sur 24) le plus cher de l'Euro 2024, selon le site Transfermarkt

Seul petit bémol, il existe encore quelques doutes sur le plan collectif. L'Ukraine donne parfois l'impression d'être plus un agrégat d'individualités qu'un collectif rodé. Toutefois, ce groupe commence à prendre en expérience et en vécu commun, la plupart des éléments ayant déjà été présents lors de l'Euro 2020. Et puis, on le sait, les Ukrainiens jouent aussi pour quelque chose de plus grand que le football. 

⭐⭐ La Hongrie

La Hongrie arrive en Allemagne en pleine confiance après avoir terminé en tête - et invaincu - du groupe G des qualifications, avec 18 unités (et la meilleure attaque et défense de sa poule). Le travail du technicien Marco Rossi, en place depuis 2018, porte enfin ses fruits avec un 3-4-2-1 bien rodé. Outre leur arrière-garde solide, les Magyars se reposent sur leur star Dominik Szoboszlai. Âgé de 23 ans et évoluant à Liverpool, le créatif milieu est un joueur au-dessus du lot techniquement, très dangereux sur coups de pied arrêtés et capable de peser dans la surface adverse (12 buts et 5 passes décisives en 42 sélections). 

Au point sur le plan tactique et toujours accrocheurs - avec plusieurs bons résultats contre des grosses nations récemment -, les Hongrois ont une vraie carte à jouer dans un groupe homogène mais pas insurmontable (Allemagne, Écosse, Suisse). Nul doute, en plus, qu'ils pourront compter sur leurs fervents supporters - c'est d'ailleurs l'une des seules sélections à avoir des ultras -, qui n'hésiteront pas à faire le court voyage jusqu'en Allemagne. 

⭐ La Géorgie

La petite nouvelle. Après s'être défait du Luxembourg (2-0) et la Grèce (0-0, 5-4 tab), la Géorgie a pu exulter : le pays va vivre le premier Euro de son histoire. Sa toute première compétition sur la scène internationale. S'ils font office de Petit poucet, comme leur classement Fifa le laisse penser (75e, soit le pire du plateau), les hommes de Willy Sagnol ne comptent pas faire de la figuration. 

Ce tout pays de moins de quatre millions d'habitants peut, en effet, compter sur une épine dorsale de grande qualité, avec beaucoup de qualités dans les deux surfaces. Le tout articulé en 3-4-1-2. Dans les cages, Giorgi Mamardashvili (23 ans) est l'un des grands espoirs mondiaux à son poste et a réalisé une immense saison avec son club de Valence, malgré des résultats contrastés. Toutes les statistiques avancées le placent parmi les meilleurs gardiens du continent, comme le note le site FBref. Un cran plus haut, la défense n'apporte pas toutes les garanties mais peut compter sur l'expérience du monument Guram Kashia, capitaine et joueur le plus capé de l'histoire de Géorgie. 

Giorgi Mamardashvili est devenu l'un des meilleurs gardiens sur sa ligne.
Giorgi Mamardashvili est devenu l'un des meilleurs gardiens sur sa ligne. - Giorgi ARJEVANIDZE / AFP

Ensuite, beaucoup de joueurs solides, fiables et pas avares d'efforts, bien que peu connus du grand public, arpentent le milieu de terrain, de Giorgi Chakvetadze à Otar Kiteishvili en passant par Zuriko Davitashvili. Mais surtout, devant, le Napolitain Khvicha Kvaratskhelia, qui fait saliver tous les plus grands clubs, est un véritable facteur X. Rapide, à l'aise techniquement et doté d'une très bonne frappe, l'ambidextre attaquant (15 buts, 8 passes décisives en 30 sélections) fait partie de cette caste de joueurs qui peuvent faire basculer le sort d'un match à lui tout seul, ou presque. 

Côté pile de la pièce toutefois, les "Blanc et rouge" manquent de victoires contre des équipes de premier rang. Ces derniers mois, ils ont été giflés par l'Espagne à deux reprises (3-1, 7-1) et ne sont parvenus à l'emporter ni contre l'Écosse (2-2, 0-2) ni contre la Norvège (1-2, 1-1). En plus, le groupe F (Turquie, République Tchèque et Portugal) dans lequel ils ont été versés est assez relevé. Mais la bande à Georges Mikautadze pourrait tirer son épingle du jeu, notamment en jouant un Portugal potentiellement déjà qualifié lors de leur dernière rencontre de la phase de poules. 

⭐ La Serbie

Malgré une campagne d'Éliminatoires en demi-teinte (2e du groupe G avec 14 points, mais deux défaites contre la Hongrie), la Serbie a validé sa place pour l'Euro, son premier depuis 2004. Reste désormais à transformer l'essai. Or, quand on regarde cette équipe de plus près, un constat est frappant : les partenaires de l'inusable Dusan Tadic (35 ans, 108 capes) sont capables d'être aussi brillants en attaque que catastrophiques en défense. L'équipe est un peu coupée en deux et le coach Dragan Stojković ne semble pas encore avoir trouvé la bonne formule pour stabiliser l'édifice, changeant régulièrement de système. Pour ne rien arranger, l'incertitude règne au-dessus de l'état physique de Nemanja Gudelj, véritable régulateur du milieu de terrain. 

Cela étant, plusieurs éléments laissent à penser que les Serbes sont susceptibles de créer la surprise cette attaque. Déjà, et on vient d'en parler, l'attaque peut se montrer brillante par séquences et est susceptible de faire voler en éclat n'importe quel plan défensif. D'ailleurs, les Dusan Vlahovic (13 buts en 27 sélections) et autres Aleksandar Mitrović (58 buts en 91 sélections) n'ont souvent besoin que de quelques opportunités pour trouver la faille. 

Enfin, les Orlovi (les aigles, en français) ont été relativement épargnés par le tirage au sort. L'Angleterre part, certes, avec une longueur d'avance mais derrière tout reste à faire entre Serbes, Danois et Slovènes. En théorie, les premiers joueront donc leur qualification contre les seconds lors du dernier match du groupe C. 


Maxence GEVIN

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