À Marseille, les anciens détenus vont-ils être abandonnés ?

Le service METRONEWS
Publié le 18 novembre 2014 à 16h15
À Marseille, les anciens détenus vont-ils être abandonnés ?

SOCIAL – En cessation de paiement, le Service provençal d’encouragement et de soutien (SPES) risque de fermer ses portes d’ici la fin de l’année. Un coup dur pour cette association employant une quarantaine de personnes mais aussi pour la réinsertion des anciens détenus pris en charge par cette structure.

Face caméra, le discours de Sébastien est empreint d’émotion et d’inquiétude. "Si l’association ferme, ce sera catastrophique", témoigne, le regard fatigué, cet ancien détenu. Droit de réserve oblige, l’association en question qui l'a interrogée, le Service provençal d’encouragement et de soutien (SPES), ne précise pas les motifs de l’incarcération du quadragénaire, mais rappelle tout le chemin parcouru depuis son retour à la liberté.

"Il était à la rue. On a dû repartir de zéro en gérant son accès au logement ou encore au RSA", souffle Christine Chambon, directrice du SPES. La structure prend chaque année en charge des milliers d'anciens détenus pour faciliter leur réinsertion. Problème: le SPES qui dépend uniquement de financement de l’Etat a été placé en cessation de paiement en juillet dernier et risque de disparaître en décembre prochain.

Des risques de récidive

Une offre de reprise par une autre association a bel et bien été présentée à l’administrateur judiciaire en charge du dossier. "A minima, regrette Christine Chambon. Elle prévoit une prise en charge de 15.560 euros pour une personne pendant un an. Notre prise en charge coûte 20.000 euros mais nous nous occupons des soins, du logement et de l’accompagnement social", précise-t-elle.

20.000 euros, une somme qui équivaut à la prise en charge d’une personne en prison, rappelle Christine Chambon. Mais l’action du SPES permet, selon elle, d’éviter la récidive. "C’est difficile à chiffrer, mais nous avons obtenu de très bons résultats sur des personnes en très grande difficulté. On ne peut pas faire l’économie de cela", plaide-t-elle.


Le service METRONEWS

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