A Nice, on a rencontré les Fangio du bac philo

Jérémy Satis
Publié le 17 juin 2015 à 16h31
A Nice, on a rencontré les Fangio du bac philo

REPORTAGE - A la sortie du lycée Parc Impérial de Nice, quelques aspirants bacheliers de filière scientifique ont quitté la salle au bout d’une heure et trente minutes d’examen. Metronews a recueilli leurs impressions à chaud.

Rendre sa copie avant la moitié du temps imparti, cela n’a rien de très rassurant. "Quand j’ai vu les sujets , j’ai pris une gifle", avoue Florian, qui aura le mérite d’être le premier à avoir franchi la grille du centre d’examen dans le sens inverse. 9 h 32 top chrono… pour une épreuve censée durer jusqu’à midi… le champion du monde de la rapidité cette année, c’est bien lui. "Je pensais sortir au bout de deux heures et trente minutes, mais là sortir à 9 h 30, ça craint". Florian vise cinq ou six sur vingt. Pas plus. "Je passe un bac S, alors forcément la philo, ce n’est pas mon truc…"

9 h 35. Dans le sillage de Florian, le chrono d’Océane est tout aussi remarquable. Si elle admet que "l’épreuve ne s’est pas très bien passée", elle explique la raison de sa sortie prématurée : "Je ne fais pas de brouillon, je préfère écrire comme cela me vient, donc forcément, je sors plus tôt". Le sujet de dissertation qu’elle a choisi ? "Une œuvre d’art a-t-elle toujours un sens ?"

Dragon Ball et Desperate Housewives

Tanguy, lui aussi en terminale S, affiche un énorme sourire. "Ceux qui restent quatre heures, ce sont des grands malades. L’épreuve devrait être facultative franchement." Pour lui, sortir à 9h40 n’est pas forcément de mauvais augure : "Au bac blanc, je suis resté 1h30 et j’ai eu 9/20. Mon pote est resté 4 heures et a eu la même note que moi… A quoi bon s’éterniser ?" plaisante-t-il.

Comme la grande majorité des candidats, Tanguy a choisi de plancher sur le sujet des œuvres d’art. Et quand on lui demande les philosophes qu’il a cités, il répond du tacotac "Suzanne, dans Desperate Housewives. J’ai aussi essayé de placer Dragon Ball, mais c’était tendu" raconte le jeune homme à ses camarades qui éclatent de rire.

"J’ai parlé de Zizou"

De son côté, Julien a fait durer un peu le suspense : 9 h 50. Ce fan de football, qui n’a pas oublié son ballon pour jouer avec les collègues de galère à la fin de l’épreuve, s’est totalement approprié le sujet sur l’art. "J’ai consacré toute une sous-partie à Zizou. J’ai décrypté en quoi le rêve qu’il transmettait sur le terrain avait un sens ou non. Je n’ai plus qu’à espérer que mon correcteur aime le foot…" Quant à son heure de sortie, il avoue ne pas assumer : "Je vais attendre 11 heures pour appeler ma mère, je vais faire comme si je venais de sortir, ça la rassurera."

Si sortir au bout des quatre heures d’examen ne garantit pas la moyenne, partir après une heure et trente minutes n’est pas rédhibitoire. Kevin en veut pour preuve son bac blanc de maths d’il y a quelques mois. "J’ai eu 19 en quittant la salle à la moitié du temps accordé" se remémore-t-il. Être en pole position pour quitter la salle de philo n’est pas forcément synonyme d’échec : "Je vise la mention très bien, ça va être difficile, mais j’y crois." A peine le temps d’atterrir après des envolées philosophiques – courtes certes – que Kevin doit rentrer chez lui pour préparer le bac d’histoire de jeudi: "C’est le centenaire de la première guerre, donc je m’attends à un sujet là-dessus."

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Jérémy Satis