A Toulouse, la prostitution se déplace vers le nord

Le service METRONEWS
Publié le 7 septembre 2014 à 15h18
A Toulouse, la prostitution se déplace vers le nord

SECURITE – Deux mois après l'entrée en vigueur des arrêtés municipaux antiprostitution, des habitants se plaignent de nouvelles nuisances autour de l'avenue des Etats-Unis. Les associations de soutien aux travailleurs du sexe dénoncent quant à elles des conditions de travail plus difficiles.

Ce lundi, les arrêtés municipaux antiprostitution entrent dans leur troisième mois d'application à Toulouse. Depuis le 8 juillet, les prostituées n'ont plus le droit d'exercer dans des secteurs tels que le quartier Matabiau, les Ponts-Jumeaux, les Minimes ou encore Les Sept-Deniers. Aujourd'hui, la mairie de Toulouse, les habitants de ces quartiers et les associations de défense des prostituées s'accordent au moins sur un point : le phénomène s'est déplacé.

230 PV en deux mois

Dans les zones concernées par l'arrêté, 230 procès-verbaux de 38 euros ont été dressés au cours des deux derniers mois, indique la municipalité. Ce qui a fait mécaniquement diminuer la prostitution dans le secteur. "Aux Ponts-Jumeaux et sur le boulevard de Suisse, les riverains ont retrouvé la tranquillité" se satisfait Frédéric Gresse, membre du comité de quartier des Minimes.

Mais, chassées par l'arrêté, "les filles" travaillent désormais autour de l'avenue des Etats-Unis. "Les rues perpendiculaires sont aussi concernées, indique Frédéric Gresse. Or, ce sont des zones résidentielles. Les parents qui amènent leurs enfants à l'école maternelle rue Jules-Ferry doivent marcher au milieu des préservatifs usagés. Sans compter les cris, les altercations et le ballet de voitures le soir". Ce déplacement était attendu par la ville. "Il faut désormais voir si la prostitution se fixe dans ces nouveaux lieux", indique-t-on au Capitole.

"Les filles acceptent des relations non protégées"

Pour l'association Grisélidis, qui apporte un soutien sanitaire et social aux travailleurs du sexe, la prostitution n'a pas pour autant diminué. "Nous suivons environ 75 personnes au centre de Toulouse. Le chiffre reste stable", indique Julie Sarrazin, sa directrice.

En revanche, leurs conditions de travail ont changé. "Les filles sont désormais dans des zones moins éclairées où il y a moins de passage, elles sont donc moins en sécurité. Elles acceptent davantage de relations non protégées car elles se sont surendettées avec les amendes" poursuit-elle. A Grisélidis, on craint qu'un "cercle vicieux" des arrêtés s'installe, comme à Lyon . "Les prostituées sont reléguées à la périphérie de la ville et sont encore plus vulnérables".

De leur côté, les riverains des Minimes préparent une pétition pour demander une extension des arrêtés au secteur de l'avenue des Etats-Unis. La mairie, qui établira un bilan de son action fin septembre, n'exclut pas "de prendre de nouvelles dispositions".
 


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