Aéroport de Blagnac : son possible rachat par des Chinois divise les employés

Le service METRONEWS
Publié le 27 novembre 2014 à 17h38
Aéroport de Blagnac : son possible rachat par des Chinois divise les employés

ECONOMIE – Le gouvernement n'a pas encore décidé à qui il cèdera 49,99% des parts de l’État dans le capital de l’aéroport de Toulouse Blagnac, mais c'est le fonds d'investissement chinois qui semble faire la course en tête.

Et si l'aéroport de Blagnac passait sous pavillon chinois ? Dans la file d'enregistrement, le sujet n'est pas au cœur des préoccupations des voyageurs. "Tant qu'on a les mêmes services au même prix, ça n'a pas trop d'importance, admet Daniel, un usager ponctuel de l'aéroport qui s'apprête à s'envoler pour Mayotte. Ceux qui se posent le plus de questions, ce sont sans doute les personnes qui travaillent ici."

Plus de monde dans les boutiques ?

En effet, elles s'en posent. Mais discrètement. "C'est un sujet tabou, on ne nous a rien dit sur le dossier, indique Nathalie Santi, gérante de la boutique du Stade toulousain. Mais honnêtement, je pense que ça ne changera pas grand-chose. Si ce sont les Chinois qui rachètent, on peut imaginer qu'ils vont vouloir développer l'aéroport. Il y aura sans doute plus de lignes aériennes et donc plus de monde dans les boutiques, ça pourrait être positif !"

"Les clients se plaignent énormément de la mauvaise signalétique et du manque de services dans l'aéroport, note de son côté Maria Paya Castro, agent d'escale chez Air France. Si l'offre chinoise va dans le sens d'une amélioration, pourquoi pas ?" Un pragmatisme partagé par la responsable clientèle d'une compagnie aérienne. "Il ne faut pas se leurrer, ce sont les Chinois qui, aujourd'hui, ont l'argent pour investir. J'espère simplement qu'ils continueront à faire travailler des Français."

"Colonialisme économique"

A l'inverse, certains employés ne veulent en aucun cas entendre parler d'un rachat de l'aéroport par des étrangers, chinois ou non. "Cela fait 35 ans que je travaille ici, je veux que cela reste français", affirme sans détour l'une d'entre eux. "Les Chinois investissent déjà dans tous les domaines. A ce rythme, plus aucune entreprise ne sera française." Sur ce point, elle est rejointe par l'une de ses collègues qui n'hésite pas à parler de "colonialisme économique". "On se fait dépouiller avec l'aval de nos politiques", dit-elle.

Au-delà de l'aspect économique, elle met en avant l'argument patrimonial. "L'aéroport de Toulouse, c'est le berceau d'Airbus, d'Air France et de l'aéronautique en général. C'est pour cela que j'aime bien l'idée du crowdfunding qui peut permettre d'ouvrir le capital à des gens qui travaillent ici, et aux Français de façon générale." Alors que le site Wiseed a déjà récolté plus de 14 millions d'euro s de promesses de dons, certains employés croient encore à la possibilité de racheter 10 % des parts de l'Etat par ce biais et ainsi s'assurer que "les Chinois ne décideront pas de tout".
 


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