Aéroport de Nantes-Atlantique saturé : un "mensonge éculé" pour les opposants

Sibylle Laurent
Publié le 22 décembre 2014 à 17h17
Aéroport de Nantes-Atlantique saturé : un "mensonge éculé" pour les opposants

TRANSPORT - L’Acipa, principale association d’opposants à Notre-Dame-des-Landes réagit aux annonces de Vinci, concessionnaire de Nantes-Atlantique, qui se réjouit d’avoir franchi le cap des 4 millions de passagers, mais indique une saturation de la structure.

"Nantes-Atlantique, saturé ? Un mensonge éhonté !" C’est ce que répond l’ Acipa, principale association contre Notre-Dame-des-Landes , aux affirmations avancées par Vinci-AGO sur l’actuelle croissance de l’aéroport existant.

En effet, la semaine dernière, AGO-Vinci, qui concessionnaire de la structure, a annoncé que la barre des 4 millions de passagers avait été franchie cette année à Nantes-Atlantique. La croissance du trafic passager, en hausse de 5, 5% cette année, est jugée "exceptionnelle et sans équivalente", alors que celle des autres aéroports n’atteint qu’1 ou 2%. A Nantes-Atlantique, 19 compagnies offrent 87 destinations directes. La croissance est essentiellement assurée par les vols low-cost.

Les opposants pour un réaménagement de l'existant

Mais, revers du succès : Vinci évoque une saturation de la structure, trop petite pour accueillir les flots de passagers lors de pics de fréquentation. Concrètement, environ 80 jours "de gêne" ont été enregistrés cette année, contre 10 il y a deux ans. Et pour Vinci, la solution est claire : il faut lancer la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, dont il est également concessionnaire, seule vraie réponse capable d’endiguer le trafic à terme.

Mais les opposants accusent Vinci de jouer sur les chiffres. Le fait "que Nantes Atlantique ait accueilli cette année 4 millions de passagers ne signifie absolument pas que l’aéroport soit saturé", indique l’Acipa, sachant que les avions de plus en plus gros accueillent plus de passagers, sans augmenter le nombre de trajets. "Certes, son aérogare, conçue pour un maximum de 4,3 millions de passagers, doit être agrandie et restructurée. C’est tout à fait possible." Elle rappelle que la DGAC (direction générale de l’aviation civile) a admis qu’un "réaménagement de l’aéroport était faisable et moins coûteux que de construire un nouvel aéroport. Elle en a par contre exagéré les coûts."

Un atelier citoyen pour réfléchir

L’association met enfin en parallèle les deux structures : "Il serait intéressant de savoir précisément où se situe la prétendue saturation : à l’un des 34 comptoirs d’enregistrements ? Il en est prévu 16 à Notre-Dame-des-Landes à l’ouverture ; à l’un des 8 postes de filtrage des passagers ? Il y en aura sept à Notre-Dame-des-Landes"...

Convaincus qu’un réaménagement de Nantes-Atlantique est plus intéressant qu’un nouveau projet, un groupe d’architectes a par ailleurs lancé un atelier citoyen chargé de réfléchir sur une optimisation de l'existant.


Sibylle Laurent

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