Barrage contesté de Sivens : le mystère demeure autour de la mort de Rémi

Publié le 27 octobre 2014 à 7h15
Barrage contesté de Sivens : le mystère demeure autour de la mort de Rémi

DRAME – Le corps inanimé de Rémi, 21 ans, a été découvert dans la nuit de samedi à dimanche sur le site du barrage contesté de Sivens (Tarn). D'après les opposants, la mort est survenue "dans le contexte d'affrontements" avec les gendarmes. Selon le procureur d'Albi, il est "impossible" en l'état de déterminer les causes de la mort.

C'est un décès troublant qui n'apaisera pas une situation de plus en plus tendue. Rémi, un jeune homme de 21 ans, est décédé dans la nuit de samedi à dimanche sur le site du barrage-réservoir contesté de Sivens (Tarn).

"Selon les premiers éléments recueillis, la mort a eu lieu dans le contexte d'affrontements avec les gendarmes vers 2 h du matin", a déclaré dimanche en milieu de journée Ben Lefetey, le porte-parole du collectif Sauvegarde de la zone humide du Testet, qui regroupe la majeure partie des opposants à ce projet de barrage de 1,5 million de m3 d'eau stockée. "Nous ne disons pas que les forces de l'ordre ont tué un opposant", a-t-il toutefois précisé.

Une prudence à laquelle succède l'information révélée par le site Reporterre , présent sur place avec deux journalistes, qui a eu vent de la présence de traces de sang à l'endroit où le jeune homme est décédé. Nouveauté qui, explique le site, "écarte a priori l'hypothèse d'une crise cardiaque."

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Les résultats de l'autopsie attendus lundi

Selon le procureur d'Albi Claude Dérens, qui a dénoncé en fin d'après-midi le fait que les gendarmes chargés de l'enquête n'aient pu accéder au site en raison de "l'hostilité" des manifestants, il est "impossible" en l'état de déterminer les causes de la mort. Les résultats préliminaires de l'autopsie du corps, prévue lundi à la mi-journée, devraient permettre d'en savoir plus.

Les heurts entre manifestants et forces de l'ordre avaient débuté samedi en milieu d'après-midi en marge du rassemblement, dans le calme, d'environ 2.000 contestataires, selon le député européen écologiste José Bové, l'un des principaux responsables politiques opposés à ce projet.

"100 à 150 anarchistes encagoulés"

D'après le lieutenant-colonel Sylvain Renier, "100 à 150 anarchistes encagoulés et tout de noir vêtus ont jeté des engins incendiaires" et autres projectiles sur les forces de l'ordre, qui ont répliqué en faisant usage de gaz lacrymogènes, de grenades assourdissantes et de flash-balls.

Des incidents qui se sont poursuivis dimanche en fin d'après-midi, où environ 450 opposants au barrage ont convergé à Gaillac (Tarn) en mémoire de leur camarade décédé. Des échauffourées ont ensuite de nouveau opposé une centaine "d'éléments cagoulés" aux gendarmes. Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a dénoncé en fin de journée "avec la plus grande fermeté" ces violences, énumérant "des dégradations dans la ville", des drapeaux tricolores brûlés et un tag inscrit sur le Monument aux Morts.

Depuis le début des travaux de déboisement le 1er septembre, les échauffourées et les rassemblements se sont multipliés aux alentours d'un chantier qui pourrait devenir le "Notre-Dame-des-Landes du Sud-Ouest" . Le projet est soutenu par le conseil général du Tarn, qui le juge indispensable pour irriguer les terres agricoles. Mais les opposants dénoncent un idée coûteuse destinée, selon eux, à un petit nombre d'exploitants pratiquant une agriculture intensive.

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La rédaction de TF1info

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