Bataille de communiqués autour du réaménagement de Nantes-Atlantique

par Sibylle LAURENT
Publié le 30 juin 2014 à 13h02
Bataille de communiqués autour du réaménagement de Nantes-Atlantique

NOTRE-DAME-DES-LANDES – Les pro-aéroport mettent en doute l’étude présentée par les opposants, indiquant que rénover l’actuel aéroport Nantes-Atlantique serait moins coûteux. Les anti-aéroport répliquent.

"Une étude militante, incomplète et partiale. Un nouveau leurre monté par les opposants ." Dans son communiqué, l’association des Ailes pour l’Ouest, partisans de Notre-Dame-des-Landes, ne mâche pas ses mots, pour démonter l’étude présentée jeudi dernier par les élus du Cédpa. Les anti-aéroport ont présenté un document réalisé par deux architectes, montrant que le réaménagement de Nantes-Atlantique était possible et coûterait deux fois moins cher que ce qui est estimé par l’Etat, dans une étude faite par la DGAC.

Sur la forme, Alain Mustière, président des Ailes pour l’Ouest, dénonce les auteurs du rapport, Ivan Fouquet et Franco Fedele : "Ils sont membres du bureau d’Europe Écologie Les Verts de Nantes ou allié à Greenpeace, militant sur les réseaux sociaux contre le transfert. Nous ne nous laisserons pas enfumer par ces soi-disant études indépendantes visant à manipuler l’opinion publique."

Deux visions opposées

Sur le fond, il pointe aussi le sérieux de l’étude, estimant que les opposants "oublient volontairement les procédures induites, débat public, enquête publique, procédure Natura 2000, règles d’urbanisme qui rendent impossible le maintien de Nantes-Atlantique, à proximité". Il met également en doute une possible extension de la structure actuelle : "Il faudra expliquer pourquoi on pourrait développer un aéroport enclavé entre la ville et une zone Natura 2000 et s’affranchir des mesures environnementales règlementaires. C’est paradoxal pour des écologistes."

Aussitôt, le Cédpa a répliqué à l’attaque : "Les Ailes pour l’Ouest brassent du vent. Notre étude n’est pas présentée comme indépendante, mais comme une démarche citoyenne." Les architectes Ivan Fouquet et Franco Fedele auteurs du rapport rappellent qu’ils sont des "professionnels, diplômés par le gouvernement en 2002" : "Nous revendiquons une démarche engagée pour des constructions saines, responsables et respectueuses de l’environnement. Nous avons ainsi recalculé une à une les propositions du rapport de la DGAC et proposé un autre développement de l’aéroport."

Ils pointent des "exagérations récurrentes" de la DGAC ayant fait grossir le montant du réaménagement, comme "la fermeture de l’aéroport pendant une période de trois à six mois", le temps des travaux, une "hypothèse de longue fermeture qui est inédite à l’échelle internationale". Les architectes estiment également "qu’il est possible de développer l’aéroport dans l’emprise foncière existante, sans expansion sur les terrains voisins, qui impliquerait des compensations environnementales."
 


Sibylle LAURENT

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