Bataille rangée sur l’ouverture dominicale avant Noël

Sibylle Laurent
Publié le 9 décembre 2014 à 12h52
Bataille rangée sur l’ouverture dominicale avant Noël

COMMERCE – Alors qu’un accord territorial a été signé en novembre ouvrant la porte au travail les deux dimanches avant Noël, cinq syndicats de salariés s’y opposent et appellent à la grève, les dimanche 14 et 21 décembre.

"Oui, ouvrir les commerces deux dimanches avant Noël est la meilleure réponse contre la généralisation de l’ouverture dominicale". "Non, cette autorisation ne respecte pas les droits des salariés." A quelques jours de Noël, les positions se crispent à Nantes sur la question sensible du travail dominical les 14 et 21 décembre, alors qu’un accord territorial a été signé en novembre entre la chambre de commerce, les associations patronales (Medef, CGPME, UPA), de commerçants, et trois syndicats de salariés (CFDT, CFE-CGC, Unsa).

Mais cinq autres syndicats (CFTC, la CGT, FO, Solidaires et la FSU) dénoncent le bien-fondé du texte. "Vous croyez au volontariat ?", questionne Sébastien Alix, président de l’Union départementale CFTC. "Dans les petits magasins qui ne comptent que deux salariés, les employés n’auront pas la possibilité de refuser. Et la Fnac ou les Galeries Lafayette vont pratiquer du 'volontariat'… que j’appelle plutôt du service du travail obligatoire !"

Appel à la grève les dimanches 14 et 21 décembre

La semaine dernière, ces syndicats ont déposé en urgence un recours devant le tribunal de grande instance de Nantes demandant l'annulation de l'accord conclu. Ils ont été déboutés. Mais ils ne comptent pas baisser les bras : ils ont lancé un appel à la grève les dimanches 14 et 21 février.

La voie semblait pourtant bien dégagée aux partisans de l’ouverture dominicale. En octobre dernier, les élus de Nantes métropole avaient voté un vœu prévoyant une "autorisation exceptionnelle" , qui serait "strictement limitée au commerce de proximité du centre-ville", et exclurait donc les hypermarchés alimentaires. Parmi les buts affichés : "Satisfaire la clientèle (...) et permettre une rémunération supplémentaire des salariés". Les signataires promettaient de ne pas généraliser l’ouverture dominicale", et réaffirmaient leur souhait de faire "exclusivement appel au volontariat".

Mais pour les opposants, ces ouvertures mènent à terme à toutes les dérives et sont au final contre-productives. "On sait pertinemment que la grande distribution va s’engouffrer dans le créneau", indique Sébastien Alix. "C’est déjà dans les tuyaux : Lidl pense ouvrir, Altantis se poserait la question pour l’an prochain. Tout ça veut dire que les petits commerces du centre-ville vont fermer dans cinq ans."
 


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