Bpifrance, le pouvoir de dire "oui"

Le service METRONEWS
Publié le 18 mai 2016 à 12h01
Bpifrance, le pouvoir de dire "oui"

ECONOMIE - C'est le bras armé de l'Etat pour soutenir l'innovation. La banque publique d'investissement a soufflé sa troisième bougie début 2016. Dans le cadre d'un partenariat avec l'institution, metronews dresse le bilan de son action au service de l'économie.

Trois ans après sa création, elle est devenue un interlocuteur de référence pour les entreprises françaises. Bpifrance, la banque publique d'investissement créée fin 2012 par le gouvernement Ayrault, a connu un développement à grande vitesse. Aujourd'hui, elle offre toute une gamme de services aux entreprises, qui vont des prêts d'amorçage aux start-ups au soutien au développement international, en passant par le préfinancement du CICE, les garanties bancaires, etc.

Des critiques initiales à un succès reconnu

La partie était pourtant loin d'être gagnée d'avance. La création de Bpifrance a en effet été marquée par les couacs. Il y a d'abord eu la nomination de Ségolène Royal à la vice présidence, qui avait fait dire à une députée de droite qu'"à défaut de relancer l'économie, Bpifrance aurait au moins relancé la carrière" de celle qui n'était pas encore ministre de l'Ecologie. Il y a ensuite eu le dossier Florange, dans lequel Bpifrance et le gouvernement se sont opposés sur la stratégie à tenir, la première refusant d'y investir  ("pas un très bon business", évoquait alors son directeur général Nicolas Dufourcq), le second voulant soutenir les hauts-fourneaux. Il y a enfin eu le rapport au vitriol du Think tank génération libre, qui reprochait à Bpifrance de faire une concurrence déloyale aux banques et d'être plus un outil politique qu'économique.

Trois ans après, les critiques se font plus discrètes. Les résultats sont là : en 2015, selon les derniers chiffres de Bpifrance, 85.000 entreprises ont bénéficié d'une aide. Au total cela représente 23 milliards d'euros apportés, sous des dizaines de formes différentes : subventions pour les start-ups, programmes de financement de la recherche, garanties bancaires, préfinancement du Crédit d'impôt compétitivité emploi, accompagnement à l'export, etc.

"On veut avoir un effet systémique"

Ces moyens se veulent au service d'une grande ambition : faire bouger les lignes de l'économie française. "Ce que l'on veut, c'est avoir un effet systémique", résume Paul-François Fournier, directeur exécutif en charge de l'innovation de Bpifrance. En finançant un grand nombre d'entreprises, il espère créer un effet d'entraînement pour toute l'économie. Pour arriver à ce résultat, la banque publique d'investissement ne se contente pas de copier les banques "classiques", mais se veut un interlocuteur plus attentif à ses clients. Issue de capitaux publics et non privés, Bpifrance peut s'affranchir de certaines contraintes : "Notre objectif premier est la rentabilité, mais l'Etat nous donne les moyens de prendre du risque. Cela nous permet d'avoir une vision à plus long terme", explique Paul-François Fournier. "Par exemple, quand on accorde un prêt d'amorçage à une jeune pousse, on sait que, dans un cas sur deux, elle ne pourra pas le rembourser.  C'est quelque chose qu'une banque classique ne peut pas faire."

L'autre particularité de Bpifrance, c'est son implication dans le développement des entreprises accompagnées : son soutien ne s'arrête pas quand l'argent est versé aux entreprises. Accélérateurs pour les start-ups, PME et ETI, séances de conseil pour les dirigeants, diagnostics flash "Big Data", sessions de coaching ou autres permettent aux entrepreneurs de maximiser leurs chances de succès. Des outils qui font aujourd'hui partie intégrante du succès de Bpifrance : "Les entreprises viennent nous voir pour des financements, mais on leur apporte aussi une expertise pertinente. Beaucoup estiment qu'on les a fait progresser", se félicite Paul-François Fournier.


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